J’ai demandé à Gemini IA des références du mot "fraternité" dans les versions standard de la Bible en Français. On devrait bien entendu chercher dans plusieurs religions du monde pour assurer que cette exploration soit plus significative pour les grandes religions et autres spiritualités).
Malheureusement les premiers frères qui viennent à l'esprit sont Cain et Abel, suivis pas Joseph et ses frères qui l’ont vendu : en fait, la Bible ne commence pas par une définition de la fraternité, par ses crises. : "Si la Bible commence par le drame de Caïn et Abel, est-ce pour nous dire que la fraternité n'est pas donnée, un départ naturel, mais un effort de construction permanent ?"
En hébreu et en grec, les mots utilisés ouvrent des dimensions que le mot français "fraternité" (trop souvent réduit à une émotion) ne couvre pas toujours.
Voici quelques occurrences spécifiques du mot «fraternité» dans les principales versions françaises :
1. Ancien Testament
Le terme apparaît principalement pour désigner un lien rompu ou une alliance diplomatique :
- Hébreux 13, 1-2 (Version Bible de Jérusalem) « Que l'amour fraternel demeure. N'oubliez pas l'hospitalité ; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »
- Zacharie 11:14 : Dans la Louis Segond et la Bible de Jérusalem, il est question de briser la « fraternité » entre Juda et Israël.
- 1 Maccabées 12:10 et 12:17 : Dans les versions incluant les livres deutérocanoniques (comme la TOB ou la Bible de Jérusalem), le terme est utilisé pour décrire les liens diplomatiques (« renouer la fraternité »).
Dans le Nouveau Testament, le mot grec philadelphia est souvent traduit par « amour fraternel », mais certaines versions utilisent « fraternité » pour traduire adelphotes :
- 1 Pierre 2:17 : « Honorez tout le monde ; aimez la fraternité » (dans des versions comme la Darby ou Ostervald). Les versions plus courantes comme la Segond 21 ou la TOB préfèrent « aimez vos frères » ou « la communauté des frères ».
- 1 Pierre 5:9 : Référence à la « fraternité » (l'ensemble des croyants) répandue dans le monde.
- Louis Segond (Classique) : L'utilise principalement dans Zacharie 11:14.
- Traduction Œcuménique de la Bible (TOB) : Préfère souvent « union fraternelle » ou « communauté des frères », mais conserve le mot dans l'Ancien Testament.
- Bible de Jérusalem : L'utilise pour désigner des liens formels ou des alliances rompues.
Voici trois options textuelles précises, en français :
1. L'option la plus classique et rassembleuse (L'harmonie)
« Voici, qu'il est bon, qu'il est doux pour des frères d'habiter unis ensemble ! »
— Psaume 133, 1 (Version Louis Segond)
2. L'option la plus exigeante (L'action)
La fraternité comme devoir concret envers l'autre.
« Que l'amour fraternel demeure. N'oubliez pas l'hospitalité ; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »
— Hébreux 13, 1-2 (Version Bible de Jérusalem)
3. L'option d’appartenance à la religion (L'identité commune)
Cette citation souligne que la fraternité définit l'appartenance à une même communauté de destin.
« Honorez tout le monde ; aimez la fraternité ; craignez Dieu. »
— 1 Pierre 2, 17 (Version Ostervald)
Voici les piliers linguistiques et thématiques de la notion :
1. En Hébreu : Ach (אָח) – La Fraternité du Sang et de l'Alliance
Le mot Ach désigne le frère de sang, mais il s'étend très vite au "prochain".
- La Fraternité de Destin (Joseph) : L'histoire de Joseph et ses frères (Genèse 37-50) est le grand récit de la restauration. Elle montre que la fraternité n'est pas un dû, mais un choix de pardon. Joseph dit : "Je cherche mes frères" (Gen. 37:16). Cette quête devient le symbole de la réconciliation nécessaire pour former une nation.
- La Fraternité de Loi (Lévitique) : "Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur" (Lévitique 19:17). Ici, le "frère" est le membre du peuple avec qui l'on partage une responsabilité éthique.
Le Nouveau Testament distingue deux formes d'amour qui définissent la fraternité :
- Philadelphia (φιλαδελφία) : L'affection entre membres d'une même famille ou communauté. C'est la "chaleur" du foyer. C’est le terme utilisé dans Hébreux 13:1 ("Que l'amour fraternel demeure").
- Agapè (ἀγάπη) : C'est la fraternité universelle et inconditionnelle. C'est celle qui pousse à aimer même l'ennemi. Elle transforme le "Frère" (celui qui me ressemble) en "Prochain" (celui qui a besoin de moi).
- Jésus y redéfinit la fraternité : elle n'est plus une question de généalogie (qui est mon frère ?), mais une question d'action (pour qui est-ce que je me fais frère ?).
- C'est le passage de la fraternité subie (Cain et Abel) à la fraternité agie.
Pour une discussion sur la "complexité" de la notion, la Lettre à Philémon.
- Paul renvoie un esclave (Onésime) à son maître (Philémon), mais demande au maître de l'accueillir non plus comme un esclave, mais "comme un frère bien-aimé".
- C’est ici que la fraternité devient une force révolutionnaire : elle brise les hiérarchies sociales au nom d'une identité spirituelle commune.
La fraternité de sang (Ancien Testament) et la fraternité d'esprit (Nouveau Testament)
" la Bible ne commence pas par une définition théorique de la fraternité, mais par ses crises" C’est une observation qui place d’emblée la discussion sur le terrain de la réalité humaine plutôt que sur celui de l'abstraction.
1. La fraternité comme « victoire sur l'instinct » (Caïn et Abel)
Dans la Genèse, la première relation fraternelle se solde par un meurtre. Cela suggère que la fraternité n'est pas un sentiment inné ou "naturel", mais une construction éthique.
- Le point de rupture : La question de Caïn, « Suis-je le gardien de mon frère ? », est le cri de celui qui refuse la responsabilité de l'autre.
- L'enseignement : La fraternité commence précisément au moment où l'on répond « Oui » à cette question. Elle est le passage de la rivalité (l'instinct) à la solidarité (la conscience).
2. La fraternité qui va subir « l'épreuve du temps » (Joseph et ses frères)
- La crise : Les frères vendent Joseph par jalousie (rupture totale).
- La résolution : Des décennies plus tard, ce n'est pas le sang qui les réunit, mais le pardon de Joseph et la repentance des frères.
- L'idée clé : La fraternité "humaniste" n'est pas l'absence de conflit, mais la capacité de restaurer le dialogue après la fracture. C'est ce qui permet de « réunir ce qui est épars ».
Ici, la crise est sociale et religieuse. La parabole de Jésus répond à une question de juriste : « Qui est mon prochain ? ».
- Le renversement : Le "Frère" n'est plus celui qui partage ma religion ou mon sang, mais celui avec qui je partage une humanité vulnérable.
- L'application : C'est ici que la fraternité devient proprement universelle. Elle n'est plus un cercle fermé (ma famille, mon clan), mais une main tendue vers l'étranger.
Si la Bible expose ces crises avec autant de crudité, elle illustre ce qu'on ne doit pas faire et ce qu'il faut faire; c'est pour nous rappeler que la fraternité est un travail (une œuvre). Elle est ce lien qui tient bon malgré la diversité des opinions et les épreuves du passé. Le frère pardonne...
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