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De l’Universalisme à l’Universel : bâtir la fraternité humaine

24/5/2026

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Fontaine de l'Observatoire Paris, Juillet 2013, playgoogle 2015-2024
 
…Tous mes Frères et Sœurs en vos grades et qualités,
 
I / L’universalisme, une idée humaniste fondatrice
 
L’universalisme est une doctrine qui affirme que certaines valeurs ou principes moraux, juridiques et politiques s’appliquent à tous les êtres humains, indépendamment de leur origine, de leur culture ou de leur époque. Il s’agit d’un pilier fondamental de la pensée humaniste moderne, et notamment de l’idéal maçonnique, qui reconnaît en chaque être humain un frère ou une sœur en humanité.
 
Cette conception trouverait ses racines philosophiques en occident dans l’Antiquité avec le stoïcisme, mais elle prend toute son ampleur à l’époque des Lumières. Le XVIIIe siècle européen, et notamment le mouvement philosophique des Lumières, constitue l’un des moments clés de l’élaboration de cet universalisme et de la perception du monde que nous avons encore aujourd’hui.

Les penseurs comme Emmanuel Kant, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Montesquieu ou encore Diderot ont promu l’idée d’une raison universelle, commune à tous les hommes, capables de fonder une morale valable partout et en tout temps.
 
Emmanuel Kant, dans ses Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), formule le principe fondamental de l’éthique universaliste : « Agis uniquement d’après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. »

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Il pose ainsi l’idée d’un impératif moral catégorique, indépendant des circonstances et des cultures que nous allons retrouver dans de nombreuses conventions à venir. 
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Il en va ainsi de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) en France, la Déclaration d’indépendance américaine (1776) et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) en 1948. Elles consacrent toutes un ensemble de droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, qui sont censés transcender les frontières étatiques et s’imposer comme socle commun à l’humanité tout entière.

Sur le plan maçonnique, cet universalisme entre en résonance profonde avec nos valeurs puisqu’il postule l’unité fondamentale de l’espèce humaine au-delà des différences visibles. La consécration en somme de l’unité du pavé mosaïque. L’idée selon laquelle chaque être humain porte en lui la lumière de la raison et la potentialité du perfectionnement moral. C’est sans doute ici la clef de voûte de l’édifice maçonnique que nous construisons encore aujourd'hui. 
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freemason-6547981_1280 pixabay
II / Un universalisme eurocentré et dominant
 
Si l’Universalisme exprime l’idée de la dignité humaine et de l’égalité entre tous les êtres, progrès indéniable qu’il faut évidemment saluer. Il faut aussi avoir à l’esprit que l’universalisme est né dans un contexte particulier, celui de l’impérialisme exacerbé des puissances européennes. Il a donc été présenté au reste du monde, voir imposé, comme une invention exclusivement occidentale. Nous allons voir que cela n’est pas resté sans effets sur le cours de l’histoire.
En réalité, dès sa naissance, l’universalisme portait en lui certaines limites quant à sa capacité à embrasser véritablement le monde.
Il en va ainsi, tout d’abord, de son récit fondateur, qui continue encore aujourd’hui de privilégier l’idée d’une forme d’autogénération des pensées, des valeurs et des droits en Europe. Comme s’il n’y avait rien eu auparavant ; comme si l’histoire des idées n’avait pas toujours été celle d’échanges constants entre peuples, civilisations et migrations humaines.
Roger-Pol Droit évoque ainsi « la philosophie rien-que-grecque » pour dénoncer la construction intellectuelle selon laquelle la philosophie serait née d’un miracle exclusivement grec, surgissant du néant. Pourtant, nous savons aujourd’hui que des formes de pensée philosophique existaient déjà dans l’Égypte ancienne et dans d’autres civilisations bien avant l’époque classique.
Cette forme d’amnésie se retrouve également dans le récit entourant la naissance des droits de l’Homme, souvent présentés comme une création exclusivement française. Là encore, il s’agit davantage d’un récit national que d’une stricte réalité historique.
ImageCylindre de Cyrus, British Museum
Je pense ici au Cylindre de Cyrus, découvert en 1879 à Babylone, dans l’actuel Irak, et datant de 539 avant J.-C., que certains considèrent comme l’une des plus anciennes déclarations des droits humains. Citons également la Charte du Mandé qui, dès 1240, proclamée sous l’autorité de Soundiata Keïta dans l’Empire du Mali, affirmait déjà des principes fondamentaux liés à la dignité humaine, à la liberté et à la protection des personnes.
Dès lors, prétendre parler au nom de tous sans écouter ceux qui ne s’exprimaient ni depuis les mêmes lieux de pouvoir, ni avec les mêmes références culturelles, revenait à ignorer que d’autres civilisations millénaires rayonnaient ailleurs, porteuses elles aussi de visions du monde, de sagesses et d’humanités.
Cette prétention à l’universalité, bien qu’animée à l’origine par une aspiration progressiste, portait en elle le biais de la « supériorité civilisationnelle ». Ce sentiment comme vous le savez participera, par la suite, à légitimer de vastes processus de conquête, de domination et d’asservissement, amplifiés par la puissance mécanique, industrielle et militaire des siècles à venir.
Il y a là une ambiguïté originelle à déconstruire lorsqu’on veut parler au nom du monde dans sa globalité.

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Une carte des Lumières, tellement universaliste... tellement Européenne !
Plusieurs penseurs européens, porteurs des idéaux des Lumières, ont contribué à cette double-dynamique : Ils sont nombreux mais citons par exemple :
● Hegel affirmait que l’histoire universelle ne concernait que les peuples ayant atteint un certain « degré de raison ». reléguant ainsi l’Afrique, par exemple, hors du « mouvement de l’Histoire ».
 
●   Tocqueville, grand défenseur de la démocratie libérale, justifia dans ses écrits la brutalité de la conquête coloniale de l’Algérie comme étant un mal nécessaire au nom du progrès.
 
●    Voltaire, lui-même, dont j’ai vu la tombe au Panthéon dernièrement, écrivait dans l’Essai sur les mœurs et l’esprit des nations (1756), est vraiment très loin d’affirmer l’unité du genre humain : « Il n’est permis qu’à un aveugle, écrit Voltaire, de douter que les Blancs, les nègres, les albinos, les Hottentots, les Chinois, les Américains ne soient des races entièrement différentes. » 
 
« À l’époque », dira-t-on, pareils énoncés n’avaient pas le même sens ni la même portée qu’aujourd’hui. Certes, on ne peut nier que les sensibilités évoluent, mais il est également bien facile de trouver, parmi les contemporains de Voltaire, des penseurs qui combattaient pour l’égalité des sexes, la liberté des mœurs, la dignité des juifs et celle des musulmans. Nous pouvons citer ici : Olympe de Gouges, Helvétius, Diderot, Condorcet, etc.
 
Ainsi, l’écart entre les principes proclamés (Égalité, Fraternité, Liberté) et la réalité appliquée fut manifeste. L’Europe, tout en professant des droits de l’Homme universels, allait conquérir de nouveaux territoires, s'octroyer de nouveaux marchés et dans le même mouvement instaurait une hiérarchisation entre les peuples. Ceci se manifesta assez rapidement par le développement des thèses racialistes et par la mise en place de régimes d’infériorité juridique, économique et culturelle.
ImageLa bataille de Palm Tree Hill, Wikipedia en
Sous la bannière de la Mission civilisatrice, la colonisation s’affirma donc non seulement comme entreprise économique et politique, mais aussi comme entreprise morale. Coloniser signifiait alors apporter aux autres peuples la Lumière.
 
De cette tension entre universalité proclamée et réalité plurielle vécue, va naitre une remise en question, et à une reconfiguration de l’universalisme dans le monde contemporain.

III / L’émergence de l’Universel
Si l’universalisme a constitué un repère fondamental dans l’histoire de l’humanité moderne, il a été profondément remis en question à partir du XXe siècle par les penseurs et intellectuels postcoloniaux, les anthropologues critiques, et de nombreux militants des droits humains. En sommes, par tous les déçut de la mise en application de cette belle idée de départ. 
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La critique de l’universalisme émerge ainsi non comme une négation de l’idée de droits partagés, mais comme un réajustement de cette prétention à l’universel, en tenant compte de la pluralité des expériences humaines, des contextes historiques et des systèmes culturels.
 
Pour bien distinguer les deux notions, Souleymane Bachir Diagne nous éclaire en disant “L’universalisme, cela revient à dire l’universelle c’est moi. Comme on a dit l’État, c’est moi ! Alors que l’universel c’est nous tous…”
 
Vous comprendrez au passage, sans doute mieux, le choix du nom de la Respectable Loge l’Etoile de Ubuntu qui reprend le concept philosophique bantu « ubuntu » qui veut dire : « Nous sommes, donc je suis ». Il s’agit ici de faire humanité ensemble.

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Etudiants Université Alioune DIOP de Bambey en grève
En 1955 l’Universel fait son entrée sur la scène internationale en réaction à l’Universalisme européen. C’est à l’occasion de la première conférence internationale organisée, non par l'Europe, mais par des pays décolonisés et d’autres qui allaient être décolonisés que le mouvement s’enclenche. Cette Conférence de Bandung en Indonésie réunit pour la première fois de l’Histoire 29 pays d'Afrique et d’Asie. Pour la première fois, des subalternes se réunissent entre eux et dénoncent le principe qui a fait d’eux des subalternes. C’est le moment historique de l’arrivée de l’universel sur la scène mondiale et de la fin de l’universalisme européen. 
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Etudiants de université Alioune DIOP de Bambey en grève
C’est Alioune Diop, le créateur de la maison d’édition Présence Africaine, qui lors du 2ème Congrès Mondial des Écrivains et Artistes noirs à Rome en 1959, théorisa sur le plan intellectuel le premier l’action d’Universel en écrivant : « Désoccidentaliser pour universaliser. Tel est notre souhait. Pour universaliser, il importe que tout soit présent dans l’œuvre créatrice de l’humanité ».

Il s’agit de décentrer. De prendre conscience du pluriel du monde et de construire un monde qui n’a plus de centre. D’un renversement complet de la vision coloniale.
 
Nous étions alors dans un monde où une province était à la verticale du monde et avait décidé de porter cet universalisme aux autres civilisations par le biais de la colonisation. Il s’agit désormais de rêver d’un universalisme horizontal. 
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Les Hémisphères de Samuel Boggs
Le mouvement de réflexion, d’opposition et de transformation était dès lors lancé. Ils sont nombreux, mais citons deux grands critiques de l’universalisme occidental qui me semblent fondateurs.
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Le premier est Frantz Fanon, médecin, penseur et militant de la décolonisation. Dans Les Damnés de la Terre (1961), il écrit : « Quand je cherche l’homme dans l’universalisme européen, je ne le trouve nulle part. » Fanon y démontre que les droits de l’homme proclamés par l’Europe ont souvent été refusés aux colonisés, et que l’universalisme était, en pratique, un privilège réservé à certains. Un pavé mosaïque avec beaucoup plus de cases blanches que noires en somme. Ainsi, les valeurs d’égalité et de liberté pouvaient coexister avec le racisme, l’exploitation coloniale, et la domination politique.
Le second est Edward Said, qui dans son livre magistral Orientalism (1978), a mis en lumière la manière dont l’Occident, tout en se revendiquant porteur de valeurs universelles, a produit un discours essentialisant sur « l’Orient », construit comme altérité inférieure, servant à justifier ses interventions politiques et culturelles.
L’Universel qu’ils appellent de leurs vœux, ne rejette pas les principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), mais considère que leur prétention à l’universalité doit être revue à la lumière de la pluralité des expériences humaines. Il propose un universel en dialogue, en construction, en mouvement, enrichie par le pluriel du monde.
 
Le philosophe Paul Ricœur suggère ainsi de penser l’universel comme un « horizon régulateur » plutôt qu’un dogme figé. Il écrit : « L’universel doit être cherché dans le croisement des perspectives culturelles. »

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Intersectionnalité des perspectives culturelles. après la Roue du pouvoir de Silvia Duckworth Greta Bauer, RSH 2021
Autrement dit les différences culturelles ne sont pas des barrières à l’universel ; elles en sont la condition même. L’Universel appelle à réinventer les droits humains non comme un dogme, mais comme une œuvre commune de l’humanité, où la fraternité ne se décrète pas, mais se construit, jour après jour.

Il y a eu depuis des évolutions notables dans les grands textes internationaux, citons à titre d’exemple, et vous constaterez qu’il s’agit d’enrichissements de nuances et non de rejets :
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​La
Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007) reconnaît non seulement les droits individuels, mais aussi les droits collectifs : droit à la terre, à l’autodétermination, à la langue, à la spiritualité. Elle marque une reconnaissance de la diversité comme fondement du droit. 

La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981) ajoute aux droits classiques ceux des communautés, et y inclut des devoirs envers la société, rompant ainsi avec une vision exclusivement individualiste. 
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Les Droits de l'Homme ne sont pas nés hier: Chartes africaines, de Kurukan Fuga à Nairobi (1236 -1981) en.wikipedia.org
De même, des propositions venues du monde indigène, comme la Déclaration des droits de la Terre-Mère (Cochabamba, 2010), élargissent les droits humains aux droits des écosystèmes, en considérant que la nature n’est pas un objet, mais un sujet de droit. Cette perspective, soutenue par des gouvernements comme la Bolivie ou l’Équateur, mais aussi par des mouvements sociaux du Sud, fait entrer dans l’universel des éléments longtemps considérés comme périphériques. 
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Déclaration Universelle des Droits de la Terre Mère – Illustration de Sam Brown©
Les anciennes puissances coloniales, elles-mêmes, comprennent aujourd’hui qu’un nouveau chemin doit être emprunté : celui de la reconnaissance des droits, du respect des particularismes, et d’un dialogue d’égal à égal. Cette évolution se traduit par des actes tangibles : restitution des œuvres d’art spoliées, travaux de mémoire partagée, reconnaissance de la plénitude de l’humanité des peuples autrefois dominés.
 
À l’heure où tout est visible, où tout se sait instantanément, il est devenu impossible de parler des Droits de l’Homme d’un côté, tout en tolérant l’exploitation et l’asservissement de l’autre. La conscience mondiale est éveillée, et l’incohérence ne passe plus inaperçue. Vous avez ici en partie une explication des difficultés que connaît la France en Afrique.
 
CONCLUSION
Au terme de cette planche, il apparaît clairement que l’universalisme hérité des Lumières a constitué une avancée majeure dans l’histoire de l’humanité. Il a jeté les fondements d’une égalité en droit, d’une reconnaissance de la dignité humaine, et d’une volonté de paix fondée sur la raison et le droit.
ImageCitation d'Octavio Paz, Publication de Frazia Thierry 2024
L’avènement de l’Universel ne rejette pas cet héritage ; il l’interroge, il l’enrichit. Il ne détruit pas les fondations. Il introduit une nuance féconde, une conscience élargie du monde. “Il pose comme postulat que L’universel n’est pas ce qui efface les différences, mais ce qui les relie”.
Ce chemin n’est pas une rupture avec l’esprit des Lumières. Il en est peut-être même la plus fidèle continuation. Puisque dès 1789, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen proclamait que « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme », parmi lesquels figure la recherche du bonheur commun. C’est cette idée, profonde, subtile, presque oubliée, qui doit redevenir la pierre angulaire de notre édifice collectif.
Avant de me taire, j’aimerais vous dire, mes FF∴, Il se pourrait bien que l’immense marche vers davantage de droits, de dignité et d’égalité, engagée depuis le XVIIIe siècle, vacille aujourd’hui sous nos yeux.
​
Il semblerait que nous soyons entrés dans une ère de régression où les droits fondamentaux redeviennent négociables, où les Déclarations universelles ne sont plus regardées comme des conquêtes de l’esprit humain, mais comme des entraves aux ambitions dominatrices de certaines puissances, qu’elles soient économiques, militaires ou désormais algorithmiques.

ImageL'universalisme est-il encore un idéal ? -Image Unsplash
Mais c’est précisément dans ces moments d’obscurité que le devoir du maçon devient plus essentiel encore. Être souverain, ce n’est pas se refermer ; c’est refuser l’abdication de la conscience. C’est ne pas rompre le combat pour la dignité humaine, particulièrement pour les peuples qui disposent de peu de moyens mais dont la voix, la culture et la singularité méritent autant d’être protégées que celles des puissants.

Dans cette nouvelle nuit du monde, le rôle du maçon est de rappeler que l’universel ne se mesure ni en capitalisation boursière, ni en puissance technologique, mais en élévation de conscience.

Je conclurai avec les mots d’Édouard Glissant qui, dans un éclat de vérité, sans doute malheureusement intemporel au regard de la nature humaine, nous disait :
​
« L’universel, c’est ce qui reste à faire. »

J’ai dit.
Christophe Ravel 2026

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La fraternité maçonnique

17/5/2026

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Fraternité est synonyme de Franc-maçonnerie.

Pourtant, ce mot est utilisé par tout le monde. Cette synthèse a pour but d' enrichir les multiples perspectives académiques ou sociales, " objectives " ou religieuses (« Que dit la Bible de la fraternité » et
" 
Fraternité ! Ses avatars dans le monde profane : une recherche dans la Bibliothèque de Silicone"
, avec une vue proprement Maçonnique. 
 

Notre réflexion aspire à compléter la connaissance académique, religieuse, morale, sociale de la notion de fraternité avec quelque chose de spécifique et commun aux Francs-maçons, soient-ils "libéraux, dits a-dogmantiques" ou qu’ils s’intitulent "réguliers". Car nous sommes tous Frères en fin de compte.
 
Si la fraternité de sang est un héritage et la fraternité religieuse une espérance, la fraternité maçonnique est aussi un chantier.

Les symboles Maçonniques nous rappellent que le lien fraternel est chez nous palpable parce qu'il est mis en œuvre et vécu, dégrossi et taillé au maillet et au ciseau de l'amélioration de soi, transformé par nos outils de tailleur, surveillé à l'équerre, lissé par la truelle de la bienveillance, permettant à la diversité des pierres de s'ajuster sans jamais s'écraser.

 
En explorant le versant maçonnique de ce concept, nous voyons s’enrichir les idéaux de la fraternité décrite comme lien familial, comme appartenance communautaire, devoir religieux ou contrat social. Notre Méthode vivante de construction d’un climat universel – de raison et de tolérance - cherche et réunit tout ce qui est bonne volonté dans l’Humanité. La sagesse et l’esprit constructif trouvent des bonnes volontés et du bon sens, même dans les communautés les plus différentes et opposées.
 
Le texte qui suit est sciemment didactique et dense car il est laborieusement conçu rédigé et documenté dans un dialogue approfondi avec l’Intelligence Artificielle de Gemini/Google pour être une référence à consulter pour les FF qui font des recherches sur la sujet de la Fraternité Maçonnique, et surtout par les Apprentis maçons de la RL Mozart et Voltaire à l’Or :. de Genève.  Une référence à jauger avec l'esprit critique du lecteur, pas un discours figé.

 
La Fraternité comme « Ciment », le « Centre de l'Union »
 
Le texte fondateur (les Constitutions d'Anderson, 1723) définit la Loge comme le lieu où des hommes qui, autrement, seraient restés à une « perpétuelle distance », peuvent se rencontrer. C'est une fraternité élective et transversale.
 
Là où les religions voient souvent la fraternité comme une finalité donnée, la Maçonnerie la voit en sa dimension opérative comme un catalyseur. Le maçon qui comprend l’essence de notre tradition, œuvre comme un constructeur de cathédrales, à « réunir ce qui est épars ». Cela signifie que la fraternité n'est pas le but, ni une seulement une identité communautaire, ni un langage politiquement correcte, mais la confiance, la sympathie et la chaleur qui permettent de faire tenir ensemble des pierres (des identités) de caractères et d'origines totalement différentes. Elle transcende les barrières de classe, de nation ou de croyance.
 
Le maçon régulier considère cette fraternité comme une reconnaissance de l'origine spirituelle commune (sous l'œil du Créateur).

Le maçon adogmatique accepte et respecte la liberté de croyance ou non-croyance mais verra aussi la Fraternité comme un laboratoire de la démocratie universelle et du progrès social.
​
C'est une fraternité de projet librement partagé. On est frères parce que on se construit personnellement mais ensemble et - surtout - on construit ensemble le même Temple (l'Humanité), et non parce que l'on pense et croit la même chose.
 
La fraternité par l'Initiation. Le passage du « Moi » au « Nous »
 
La fraternité maçonnique est indissociable de l'initiation. On ne devient pas frère par décret, mais par une expérience rituelle partagée. Le rituel crée des espaces-temps hors du monde (le « Cabinet de Réflexion », le passage de l'ombre à la lumière, la Tenue) qui rapprochent les ego. Elle enseigne que pour être un bon « frère », il faut d'abord avoir travaillé sa propre pierre (soi-même) et aussi d'œuvrer ensemble. C'est en plus une fraternité d'exigence réciproque : je te dois confiance et solidarité, mais je te dois aussi la vérité et la droiture.
 
La "Chaîne d'Union" : L’instant où le "Moi" communie dans le « Nous »

Vers la fin de chaque réunion, les maçons forment une chaîne. Pour tout maçon qui la pratique, cette chaîne relie le passé, le présent et le futur sous un principe supérieur. C'est une fraternité verticale. C'est le sentiment vivant d’être tous un, et l'engagement à poursuivre au-dehors du Temple l'œuvre de solidarité humaine commencée à l'intérieur. On pourrait dire, une fraternité horizontale aussi.

C'est pour tous les Frères, l'essence vécue de la fraternité maçonnique. Dans cette chaîne, on ne parle pas. C'est ici que les mains se rejoignent par la spiritualité. Le lien ne passe plus par le discours (qui peut diviser), mais par le contact et le souffle commun. C'est l'expérience de "l'ineffable". Le secret rejoint la spiritualité. C'est le secret de l’expérience vécue.

Giacomo Casanova, dans ses Mémoires, a sans doute le mieux défini ce secret : « Le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature, car le maçon ne le sait que par intuition. »  L'ineffable est le secret le plus profond : celui que l'on ne peut pas trahir, même si on le voulait, car il est d'ordre phénoménologique et émotionnel. La spiritualité maçonnique n'est pas méthodologie scientifique ni une prescription écrite, c'est un vécu. La nature de ce secret protège la découverte et la pureté de l'expérience pour le futur initié. Si l'on expliquait tout à l'avance, l'émotion de « renaissance » du rite disparaîtrait. Ce secret protège la spiritualité maçonnique en empêchant qu'elle ne soit réduite à des mots ou à des débats d'idées. Il force chaque membre à chercher sa propre vérité à travers son interprétation du symbole.
 
La fraternité d’un secret partagé
 
Le secret maçonnique protège la fraternité, sa méthode vécue et sa spiritualité plurielle. Le secret n'est pas là pour cacher quelque chose, mais pour sacraliser le lien fraternel. Il transforme une simple réunion en un moment "hors du temps" où la rigueur du silence permet l'élévation spirituelle.

Le « secret maçonnique » est souvent mal compris de l'extérieur comme une volonté de dissimulation, alors qu'il est, de l'intérieur, le bouclier hermétique de la fraternité et le garant de sa méthode. Le mot hermétique est ici particulièrement riche car il fonctionne sur deux niveaux, parfaitement adaptés à la discussion sur la fraternité et le secret. Dans un contexte maçonnique et symbolique, « hermétique » renvoie à Hermès Trismégiste et à l'alchimie. Tout comme l'alchimiste travaille dans un vase clos pour transformer le plomb en or, le Maçon travaille dans un espace clos (la Loge) pour transformer sa « Pierre Brute » en « Pierre de Taille ». La fraternité a besoin de ce creuset fraternel, cette enceinte fermée pour que la « chaleur » du groupe puisse opérer cette mutation intérieure. Sans cette fermeture, l'énergie se dissipe.
 
La règle du secret (ou de la discrétion) sur ce qui se dit en Loge maintient un espace protégé de liberté. Pour que la fraternité soit réelle, la confiance doit être absolue. En sachant que rien ne sortira du Temple, les Frères peuvent s'exprimer sans fard, sans peur du jugement public ou des conséquences profanes. Cela permet une « fraternité de vulnérabilité ». On peut y avouer ses doutes ou ses erreurs, ce qui renforce les liens bien plus que les discours de façade.
 

La rigueur du secret comme discipline morale
 
Le serment de garder le secret est le premier exercice de la maîtrise de soi de l’Apprenti Maçon. Soren Kierkegaard (bien que non maçon, sa philosophie du "silence" et de l'intériorité rejoint souvent cette rigueur maçonnique). Un homme qui sait taire les secrets d'un autre est un homme sur qui l'on peut compter. La fraternité repose sur cette fiabilité. Ce secret permet de faire cohabiter des hommes aux opinions politiques ou religieuses opposées. Le secret « neutralise » les étiquettes extérieures pour ne laisser place qu'à l'humain.
 
Pour approfondir ce sujet, lisez aussi Daniel Beresniak, Le secret maçonnique (2010), Éditions Detrad (un éditeur spécialisé qui approfondit l'idée du secret comme outil de protection de la pensée).
 
Le sens pratique : L'étanchéité garantie par le « Couvreur »
Sur un plan plus concret, on dit d'un espace qu'il est à l’abri du monde quand rien ne peut y filtrer, ni de l'intérieur vers l'extérieur, ni l'inverse. La Loge doit être à l'abri des bruits de la cité (les querelles politiques, les hiérarchies sociales, les préjugés). C'est le rôle symbolique du Frère Couvreur qui veille à la porte du Temple. Cet isolement garantit que la parole circule librement entre les Frères, chose qui devient vitale dans les moments historiques d’oppression.
 
C'est le paradoxe fécond de la Maçonnerie : il faut un cadre fermé et rigoureux pour permettre une ouverture d'esprit universelle et sans dogme.
 
C'est d'ailleurs pour cela que l'on dit que la Loge est "couverte" : elle forme une capsule protectrice où l'on peut tenter l'expérience d'une fraternité parfaite que le monde profane ne permet pas encore.
 
Pour spéculer un peu, on peut chercher une face hermétique de « l'espace sacré » fraternel par rapport à l'espace « profane ». C'est tellement beau ! Mais soyons sérieux. Idéalistes, rêveurs, souvent utopistes, les FM restent tout à fait humains. Ceci touche au point d'équilibre entre le mythe (le récit de notre idéal) et la réalité sociale. Comme le disait Térence, et comme les Maçons aiment à le rappeler : « Homo sum, humani nihil a me alienum puto » (« Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m'est étranger »). Cette "humanité" s'inscrit dans la fraternité :
 
La Fraternité comme « École de Patience »
Si les Maçons étaient parfaits, la fraternité ne serait pas un travail, mais seulement un état de bonheur. La réalité est que la Loge est un microcosme de la société environnante. Comme dans une famille, on a parfois des frères qu’on n’aime pas et même des frères qu’on ressent comme carrément mauvais. On y trouve des tempéraments difficiles, des ego parfois encombrants et des divergences de vues insolubles. La véritable fraternité ne consiste pas à aimer ceux qui nous ressemblent, mais à apprendre à travailler avec ceux que l'on n'aurait jamais choisi de côtoyer à l'extérieur. Sans les corriger tout le temps pour les réduire à notre propre mesure. C'est là que la "rigueur" du rite intervient pour canaliser les passions humaines.
 
Comment rayonner dans le Monde?

Je me pose une question que et je vous la pose aussi :
Vu que le but humaniste de la Maçonnerie est de rendre aussi vivable que possible la vie sociale, quel que soit l’époque et l’ordre social de l'humanité dans lesquelles elle œuvre, comment répandre l'exemple de notre fraternité à une humanité entière du XXIe siècle, si divisée, égarée et haineuse que cette époque "postmoderne" qui est la nôtre ?
 
C’est la question qui fait passer la Fraternité du confort du Temple à l’épreuve du monde. Pour y répondre, tant sur le plan philosophique que pratique, on peut, je crois, explorer trois pistes qui font de la méthode maçonnique un remède exemplaire à la fragmentation postmoderne :
 
Le rayonnement et la force de l'exemple par notre propre conduite
​

La Maçonnerie ne cherche pas à convaincre par le prosélytisme ou le discours, mais par la contamination de l'exemple.
 
Si un homme devient plus juste, plus écoutant et plus mesuré dans sa vie quotidienne (famille, travail, cité), il crée autour de lui un cercle de prudence et de stabilité.

Répandre la fraternité à l'humanité entière commence par le refus de l'outrance. Dans une époque de "clash" et d'immédiateté, le Maçon oppose sa tempérance. C'est une force tranquille qui finit par interpeller une société épuisée par ses propres divisions.

La sagesse des nuances contre le binaire « pour ou contre »
L'époque postmoderne est celle de la polarisation (noir ou blanc, ami ou ennemi). La fraternité apprise en Loge est une fraternité de la nuance et du bon sens.

Répandre constamment cet exemple d’attitude, c'est réapprendre aux hommes que l'on peut être en désaccord profond sans être ennemis. C'est transformer les conflits en dialogue constructif en trouvant quelles bonnes volontés on partage malgré tout. C'est montrer que la "Vérité" n'appartient à personne, mais qu'elle se cherche ensemble, de bonne foi.

La Fraternité comme « essai publique exemplaire »
L'humanité est "égarée" parce qu'elle n'a plus de centre. La Maçonnerie propose une méthode et de occasions pour recréer du lien là où tout se déchire. Elle n'est pas une utopie globale, mais une micro utopie tangible. En créant des lieux et des occasions où des gens qui ne se parleraient jamais ailleurs s'appellent "Frères", on prouve par la preuve raisonnable que la haine n'est pas une fatalité. Plus il y aura de ces "nœuds" de fraternité (qu'ils soient maçonniques ou simplement humanistes), plus la trame d’espoir de l'humanité sera solide face aux secousses.
 
On ne répand pas la fraternité par des décrets, mais par la transversale. Dans une époque de "bulles de filtres" numériques où chacun ne parle qu'à ceux qui lui ressemblent, le meilleur moyen de sauver l'idée de fraternité est d'occasionner la rencontre de l'autre.
 
Le secret de sa diffusion réside peut-être dans cette phrase trop bien connue mais rarement appliquée de Saint-Exupéry : "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis." Faire passer la différence du statut de "menace" à celui de "richesse" est le salutaire antidote à l’animosité postmoderne.
 
L’exemple modeste d’une Utopie pratiquée
La Maçonnerie est souvent décrite comme une « utopie pratiquée ». L'Utopie guide, comme Horizon, comme Etoile polaire, pas comme une idéologie imposée au Monde. Il ne faut pas oublier que le Temple ne sera jamais fini. Le "Maître" sait qu'il reste un apprenti toute sa vie. Admettre que l'on est « tout à fait humain », c'est accepter la faillibilité. Cette modestie permet de continuer le chemin, de s’améliorer sans se figer dans la suffisance et la médiocrité prétentieuse. C'est une fraternité de combat contre soi-même avant d'être un club de rêveurs. La fraternité maçonnique est alors moins une récompense qu'une confrérie de soutien : on s'épaule parce que l'on sait que la route est longue et la pierre lourde. La fraternité n'est pas le rassemblement de personnes parfaites, mais l'effort de personnes imparfaites pour construire quelque chose qui les dépasse.
 
Le "Sacré" maçonnique est en fin de compte au service du "Profane"
La Loge n'est pas une fuite du monde, mais une respiration. On s'isole pour mieux revenir vers l'humain. L'idéalisme maçonnique n'est pas une déconnexion, il est précieux par notre volonté de porter au dehors ce que l'on a appris dans le silence du Temple. Nous œuvrons pour servir l’humanité, pas pour admirer notre nombril.
 
IT 2026 avec remerciements à Gemini IA pour les recherches extensives

​Voir aussi:
Fraternité ! Ses avatars dans le monde profane : une recherche dans la Bibliothèque de Silicone.https://gos-cahiers-bleus.weebly.com/reacutefeacuterences-et-opinions/fraternite-ses-avatars-dans-le-monde-profane-une-recherche-dans-la-bibliotheque-de-silicone

Que dit la Bible de la fraternité
​https://gos-cahiers-bleus.weebly.com/reacutefeacuterences-et-opinions/que-dit-la-bible-de-la-fraternite

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Fraternité ! Ses avatars dans le monde profane : une recherche dans la Bibliothèque de Silicone.

17/5/2026

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Nous invoquons notre fraternité sans cesse, elle est le cœur de la Franc-Maçonnerie. C’est l’espoir du nouveau venu, notre promesse réciproque et beaucoup plus, plus haut, notre idéal d’humanité.
 
Cette idée-force, le ciment, le symbole d’union, mérite une réflexion approfondie, franche et cohérente, une règle de conduite vécue en connaissance de cause. Il vaut la peine de sortir des vœux pieux et lieux communs. Car, je ne fatigue pas de le redire, un homme libre sait ce qu’il fait et fait ce qu’il sait.
 
La Fraternité telle qu’elle est conçue et pratiquée dans le monde profane mérite sans doute une étude approfondie et des débats éclairants. Car toutes les fraternités du monde réunissent. Pourtant, la question se pose : peut-on réunir sans séparer aussi ?
 
Parce que nous vivons au siècle XXI, cette synthèse introductive est richement étayée par un dialogue fructueux avec l’Intelligence Artificielle (Merci Gemini de Google IA !), conçu et finalement rédigé de ma main humaine pour lancer notre réflexion maçonnique. La lancer mais certainement pas pour la remplacer.
 
Ce qui suit doit être considéré avec esprit critique, et d’un point de vue Maçonnique - comme une synthèse de connaissances et de l’opinion courante, énumérant surtout les points de quelques auteurs réputés et de la culture générale profane, résumés en synthèse « neutre » par la gigantesque bibliothèque de Google IA : 


​ La notion de fraternité définie

La fraternité, définie comme un lien affectif et moral, de solidarité et d'humanité unissant les individus au-delà de leurs différences, se manifeste à travers diverses occasions structurées, rituels sociaux et moments historiques, allant de la fratrie familiale, l'entraide locale à des engagements universels.
 
L’idée universaliste de la fraternité est ancienne. Elle a fait l'objet d'analyses, parfois approfondies, en philosophie, morale et sociologie. Considéré comme le lien unissant les membres de la famille humaine, l’Universalisme fraternel dépasse la simple solidarité sociale pour transcender les différences et les conflits, agissant comme, une exigence, voire un "ciment" de l’Humanité. La tradition stoïcienne évoquait déjà l'unité du genre humain et la bienveillance universelle comme fondements moraux de la fraternité.
 
Selon Charles Péguy (1913), la fraternité est un « devoir d'urgence d'entraide, prioritaire sur l'égalité matérielle. Elle est vue comme un impératif éthique, une « complicité désintéressée » ou un lien irréductible qui nous oblige. Elle inclut souvent l'empathie, le fait de ressentir la souffrance d'autrui comme la sienne. Elle est perçue comme un principe de droit et de cohésion sociale, indissociable de la liberté et de l'égalité des démocraties, sans laquelle la Liberté devient féroce et l’Egalite devient totalitaire.

De nos jours, fraternité est largement considérée comme une valeur politique (ADN de la démocratie) qui repose sur la solidarité, l'échange et la collaboration. Elle est définie comme une « construction » ou un but de civilisation plutôt qu'un état de nature, donné. La fraternité se concrétise dans le partage et l'expérience quotidienne (école, engagement, armée). Elle se manifeste par des actes concrets d’égards, de secours et d'aide mutuelle. En France, la notion de fraternité est parfois considérée comme le « parent pauvre » de la devise républicaine Française Liberté, Egalité, Fraternité, (et de la devise de certains Rites Français), coincée entre la liberté (juridique) et l'égalité (politique). Pourtant, elle a fait l'objet d'analyses extrêmement denses, car elle est la seule des trois valeurs à ne pas pouvoir être imposée par la loi : elle relève du lien social et de l'éthique. 
 
Certains auteurs mettent en évidence un paradoxe de la fraternité communautaire, car en soudant un groupe en le mettant en différence avec les non membres, ou des ennemis, elle institue l'exclusion, le contraire de son essence.
 
On voit ainsi que la fraternité est une notion complexe, évoluant entre un idéal universel d'humanité et la fratrie familiale, avec des valences parfois exclusives, mais toujours fondamentales pour la cohésion sociale.
 
Voici un tour d'horizon succinct d’analyses théoriques :

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************** A PROPOS DE PLURALiTÉ ****************

11/1/2026

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Jacques Herman PTRGM GOS
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Il y a bientôt près d’une quarantaine d’années, alors que j’étai Grand Maître du Grand Orient Suisse, je disais dans les Loges auxquelles je rendais visite : « La Maçonnerie du 20e siècle sera mixte ou ne sera pas ». Force est de constater que je me suis totalement trompé et je m’en repens aujourd’hui.
 
Dans les lignes qui suivent, je souhaite revenir à la question de la pluralité, tout en précisant que la pluralité n’est pas la mixité. Dans une Obédience plurielle, les Loges peuvent être – à leur choix - masculines, féminines ou mixte, alors que la mixité implique que toutes les Loges constitutives d’un Obédiences sont obligatoirement mixtes.
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Toutes les LL d’une Ob :. Mixte ont la même composition, mixte.
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​Une Obédience féminine est composée de Loges qui ne reçoivent comme membres que des femmes, cependant, sauf précision dans le calendrier des Tenues, reçoivent des hommes en qualité de visiteurs.
 
Une Obédience mixte, par définition, reçoit des hommes et des femmes en qualité de membres.

Une Obédience plurielle est composée de Loges masculines, féminines ou mixtes.
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Chaque Loge garde son choix indépendant
En Suisse, il existe 5 Obédiences :

  • La Grande Loge Suisse Alpina, exclusivement masculine et qui ne reçoit pas de Sœurs en visite. Ses Loges ne reçoivent en visite en outre que des frères « réguliers ».
  • Le Grand Orient de Suisse dont les Loges sont toutes masculines mais dont plusieurs acceptent des Sœurs et des Frères en visite y compris des Frères « réguliers » sans réciprocité.
  • Le Droit Humain, Obédience dont, par définition, toutes les Loges sont obligatoirement mixtes et qui reçoivent en visiteurs des Frères et Sœurs de toutes Obédiences.
  • La Grande Loge Mixte de Suisse qui répond aux mêmes critères que le Droit Humain.
  • La Grande Loge Féminine de Suisse, exclusivement féminine mais qui accepte des Frères en visite à l’exception de « Tenues réservées au Sœurs » selon le calendrier des Loges.

En Belgique et en France, le Grand Orient est pluriel et les Loges mixtes y sont aussi de plus en plus nombreuses.
 
En Roumanie, le Grand Orient (MOAR) est une Obédience plurielle mais l’immense majorité des Loges qui le constituent sont mixtes.
 
En Grande-Bretagne, en Allemagne, en Autriche et dans les pays scandinaves les Obédiences libérales sont souvent mixtes mais elles sont très nettement minoritaires dans ces pays. En revanche les Obédiences « régulières » sont exclusivement masculines et les Obédiences féminines, relevant pourtant du courant libéral sont, quant à elles, exclusivement féminines.
 
La Grande Loge Unie d’Angleterre qui est exclusivement masculine et ne reçoit en visite aucun Maçon libéral et a fortiori aucune Sœur, a récemment reconnu officiellement la qualité maçonnique de la Grande Loge Féminine sans pour autant autoriser ses membres à se rendre en visite dans les loges qui la composent et, a fortiori, sans accueillir des Sœurs en visite.
 
Dans les autres pays européens, les Obédiences dépendant de la Grande Loge Unie d’Angleterre observent le même positionnement.
 
 
La pluralité permet aux Loges individuelles d’opter pour la mixité ou non. Ceci dit, et par définition, les Obédiences féminines ne peuvent pas opter pour la pluralité (et a fortiori pour la mixité) sans déroger à leur titre distinctif à moins de changer d’appellation. De même, une Grande Loge mixte (comme la Grande Loge Mixte de Suisse ou la Grande Loge Mixte de France) à moins de changer d’appellation, ne peuvent pas être plurielles, chacune des Loges qui la composent étant obligatoirement mixte. Il en va de même (sauf que l’appellation ne nécessiterait aucun changement) pour le Droit Humain dont toutes les Loges doivent obligatoirement être mixtes.
 
Si l’on considère que le refus de la pluralité obédientielle constitue une entorse au caractère « libéral » d’une Obédience, on doit admettre que les Grandes Loges Féminines se situent elles aussi dans la même problématique. On pourrait aussi considérer que les obédiences mixtes, refusant par nature la pluralité, se trouvent dans un profil analogue.

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Les arguments en faveur de la pluralité obédientielle tout autant que ceux des opposants, sont très personnels, souvent subjectifs, souvent en lien avec une lecture spécifique de la marche du monde. 
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Oui, c'est bien Liberté, Egalité, Fraternité!
Ce qui s’avère en revanche d’une grande limpidité, réside dans le fait que la résistance à la pluralité concerne tout la fois les obédiences masculines et les obédiences féminines. Cum grano salis, ajoutons que, jusqu’à un certain point, cette résistance se remarque aussi dans les Obédiences mixtes qui considèrent que l’introduction de la pluralité constituerait un obstacle à la mixité. 
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Au moins, diront les Maçons libéraux, ces questionnements peuvent être introduits et discutés dans le contexte de nos Obédiences libérales alors qu’ils seraient balayés d’un revers de main dans les Obédiences inféodées à la Grande Loge Unie d’Angleterre. Eh bien non. Il n’est pas question pour l’heure que des Obédiences libérales comme les Grandes Loges Féminines ou les Grandes Loges Mixtes proposent le concept de pluralité à leurs adhérents, en tout cas pas davantage que les Grandes Loges « régulières » dont toutes les Loges sont « male only ».
 
J’ai commencé mon propos par une anecdote. Je le terminerai par une autre. Dans les années d’après-guerre et pendant de nombreuses décennies, des Loges lausannoises de la Grande Loge Suisse Alpina avaient institué une sorte de cercle intitulé « Les Dames de la Couture ». Il s’agissait d’une rencontre hebdomadaire d’épouses de Frères qui procédaient autour d’une tasse de thé à des travaux de couture : coussins, décors, rideaux des locaux. Et leurs époux trouvaient là de quoi répondre à ceux qui se montraient  quelque peu frileux au fait que l’ont pût évoquer une certaine misogynie dans les milieux maçonniques.
 
JH

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Voir aussi:
https://gos-cahiers-bleus.weebly.com/treacutesor-des-planches/avenir-du-g-o-s-et-de-la-f-m
​Comment regarnir nos Colonnes  -  La pluralite - sujet du reflexion commune 6024-6025 - FR
https://gos-cahiers-bleus.weebly.com/agora/convent-2025-du-grand-orient-de-suisse-transmission-et-fraternite
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Quelles choses sont sacrées pour les Franc-maçons?

16/9/2025

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Ce qu'en pense ChatGPT en 2025

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ImageBonne lecture avec un caveat. L'IA a encore une légère tendance à comprendre à l'envers, ici et là, comme on peut observer dans cette image illustrative


Jour après jour, les Intelligences Artificielles de l'Internet, sont certaines de plus savoir, de tout savoir sur la Franc-maçonnerie et ses secrets. Au point ou des FF en peine de "lire et écrire" (pour ne pas parler des Profanes) s'informent sur ce sujet en tapant leurs questions dans Google. Pire, perspective effrayante, quelques Apprentis, Compagnons et même des Maîtres. prennent l'habitude de composer leurs Planches dans la lumière du Grand Frère Numérique.

En fait, cette énorme mémoire générative de paroles, mises en langue scientifiquement, de manière à satisfaire qui le veut et qui le clicque, se rappelle tous les mots des langues, toutes les phrases combinables des mots, tout ce qui a été publié sur tous les mots-clés. Ainsi, les lieux communs offerts en réponse de nos recherches ont l'air très bien et sont effectivement un excellent résumé de ce qui est dit dans le Monde. 

Dans cette situation, il devient utile et même instructif de suivre attentivement ce qui se dit. Avec un petit pincement de sens critique, si on en a.

​Nous avons choisi une notion essentielle pour tous les Maçons, le sacré et nous avons interrogé respectueusement ChatGPT pour voir ce qui se croit à ce sujet, et ce que l'Internet trouve de différent entre les maçonneries  dites "régulières" et "libérales". Il apparaît qu'il y a plus de convergence qu'on ne croit.


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SVP formulez une liste des choses qui sont sacrées pour les Franc-maçons, en précisant pourquoi ces choses leurs sont sacrées et aussi comment elles sont devenues sacrées et comment elles deviennent sacrées pour la Franc-maçonnerie.

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Pour adapter la réponse, pouvez-vous clarifier si vous êtes intéressé en général par le symbolisme et les objets sacrés Maçonniques (outils et rituels), ou plutôt par le coté théologique ou spirituel (e.g. ce que « sacré » signifie pour eux dans un sens philosophique) ? Etes-vous centré sur une branche spécifique (e.g. rite Ecossais, York etc.) ou la Franc-Maçonnerie en général ? 

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SVP suivez deux directions : le sacré autant spirituel que philosophique. Décrivez les différences entre les branches de la maçonnerie en considérant autant la maçonnerie « régulière » que celle « libérale ».

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J’ai compris. Je vais explorer ce qui est considéré sacré en Franc-maçonnerie, autant en perspective spirituelle que philosophique, incluant comment une chose leur devient sacrée. Je vais aussi comparer comment les diverses branches – autant celle régulière (comme la GLUA, Ecossaise et York) et libérales (comme le GODF) – traitent les concepts sacrés :

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Éléments sacrés dans la franc-maçonnerie : perspectives spirituelle vs. philosophique 

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Notions maçonniques du sacré : un aperçu

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La franc-maçonnerie est souvent décrite comme « un système particulier de morale, voilé par des allégories et illustré par des symboles ». Cela signifie que la fraternité transmet des vérités éthiques et philosophiques à travers des objets symboliques et des rituels, plutôt que par un enseignement dogmatique. Par conséquent, ce qui est considéré comme sacré en franc-maçonnerie peut être à la fois spirituel (impliquant la foi et la révérence envers une puissance supérieure) et philosophique (impliquant la vénération des principes moraux et des idéaux).

Les francs-maçons ne prétendent pas pratiquer une religion ; en effet, un document maçonnique classique (les Constitutions d’Anderson de 1723) souligne que bien que les maçons ne doivent pas être des « athées stupides » ou des « libertins irréligieux », ils sont seulement tenus de suivre cette religion universelle sur laquelle tous les hommes s’accordent — être bons et sincères. Autrement dit, la franc-maçonnerie ancienne exigeait la croyance en Dieu et le respect d’une loi morale, tout en évitant les spécificités sectaires afin que des hommes de confessions différentes puissent s’unir en loge. Ce qui est sacré se centre donc sur la loi morale, la vérité, et les symboles et rituels qui transmettent ces valeurs.

En même temps, la tradition maçonnique crée une atmosphère sacrée en modélisant la loge comme un temple symbolique. La salle de loge est agencée pour représenter le Temple de Salomon, avec un autel central, les postes des officiers aux points cardinaux, et des cérémonies d’ouverture et de fermeture ritualisées. Dans ce cadre, certains objets, textes et actions sont traités avec la plus grande révérence. Au fil des siècles, différentes branches de la franc-maçonnerie ont mis l’accent sur des aspects sacrés différents. Ci-dessous, nous explorons comment la franc-maçonnerie régulière (ou « orthodoxe ») et la franc-maçonnerie libérale (ou « adogmatique ») définissent et traitent chacune le sacré, à travers des croyances spirituelles et des interprétations philosophiques.


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La maçonnerie des Dames : les loges d’adoption

7/5/2025

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La franc-maçonnerie féminine est une conquête ! Il aura fallu plus de deux siècles pour que les francmaçonnes aient le droit à l’autonomie et soient reconnues des autres obédiences !
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ImageTenue dans une Loge d'Adoption, Kauffmann et Cherpin, (Lyon, 1850)
La maçonnerie d’adoption ou maçonnerie des Dames est le nom donné à une pratique mixte ou féminine de la franc-maçonnerie utilisant un rite maçonnique propre, qui apparaît en France au début du 18ème siècle sous la tutelle d’obédiences masculines – Grande Loge de France et Grand Orient de France.

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C’est de la survivance, dans la première moitié du 20ème siècle, de quelques loges d’adoption qu’est issue, en 1952, la Grande Loge Féminine de France, GLFF, première obédience maçonnique exclusivement féminine qui a abouti à la naissance et à la reconnaissance de la maçonnerie féminine.
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​Petit rappel historique. . En avril 1964, 11 SS :.  de la Grande Loge Féminine de France viennent à Genève – en 2 CV - et créent la 1ère Loge féminine en Suisse, Lutèce. Puis, avec les SS :. de Lutèce, trois autres LL :. en 1970, 1976 et 1981. En 1985, ces 4 Loges qui dépendent de la GLFF rejoignent la Grande Loge Féminine de Suisse, créé en 1976 par des Loges toutes issues de Lutèce.
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J’ai beaucoup d’admiration pour ces bâtisseuses et, dans la brochure éditée par la GLFS en 2016 à l’occasion de la célébration de ses 40 ans, je lis ce joli portrait tiré de la présentation de la L :. Alpha de la Carène : « Des pionnières, nous l’étions et nous le sommes encore. Des femmes obstinées, fraternelles, insupportables, tolérantes, aimant rire, progressistes, traditionalistes, intègres et bonnes, etc..»


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Il est un fait que le cheminement de la franc-maçonnerie féminine jusqu’à cette date de 1952 a été long et complexe.  
Au moment de la proclamation des Constitutions d’Anderson en 1723, textes fondateurs de la franc-maçonnerie masculine ... je cite  : Les maçons … doivent être des hommes de bien et loyaux. Nés libres et d’âge mûr et discrets, ni serfs ni femmes ni hommes immoraux et scandaleux, mais de bonne réputation.
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Image générée par Intelligence Artificielle
Alors que des hommes éclairés du 18ème siècle s’apprêtent à proclamer que tous les hommes sont libres et égaux en droit, les maçons ont fermé la porte du temple aux femmes considérées comme mineures, dépendant alors de l’autorité du père ensuite du mari et dont l’infériorité est triple : physique, intellectuelle et morale.
 
 Mais dès son arrivée sur le continent en 1726, les femmes pénétrèrent la franc-maçonnerie !...  L’interdiction de la présence des dames ne visait pas les banquets et divertissements qui suivaient les travaux des loges masculines, les cérémonies de deuil ou de la Saint-Jean ! Les épouses et parentes des maçons étaient invitées aux agapes non rituelles.
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​Les frères prirent alors l’habitude de nommer « sœurs » les femmes présentes à ces occasions, puis en vinrent à créer une « maçonnerie des dames » « ou maçonnerie d’adoption ». On considérait cette maçonnerie d’adoption comme étant une société paramaçonnique, une sorte d’amicale souvent ritualisée, un simple jeu de société, une parodie de la franc-maçonnerie masculine, un jeu concernant surtout les femmes de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, ce qui fit dire à la reine Marie Antoinette que « toute sa cour en était ».

Mal lui a pris...

Cette Maçonnerie des dames était très différente sur le plan sociologique de la franc-maçonnerie masculine puisqu’elle n’était pratiquée que dans la haute société. Dans les salons, au milieu du 18ème siècle, les femmes cultivées de l’aristocratie qui étaient les seules à bénéficier de cet espace public mixte ne pouvaient se tenir à l’écart des idées nouvelles philosophiques et rationalistes qui circulaient pendant le siècle des Lumières.  

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L'« Ordre para-maçonnique des Mopses » au XVIIe siècle

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Franc-maçonnerie et intelligence artificielle - Le monde a venir

27/4/2025

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LIVRE NUMÉRIQUE DU COLLOQUE CLIPSAS 2024
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LES HAUTS GRADES – L’école de ce qu’on ne sait pas …

25/2/2025

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Y a-t-il un endroit de la Franc-maçonnerie qui vise plus loin que la Maîtrise ? Un sommet de paix et d'étude au-delà des différences de rite et de rituels, les embrassant toutes ? Une occasion d'apprentissages encore plus profonds ?
 
J'ai entendu souvent dire qu'on ne parle pas des Hauts Grades, au moins pour certains rites. Allons alors poser quelques questions tout au sommet, au Grand Commandeur du Suprême Conseil du Rite Moderne, le seul qui régit à ce jour les Grades de Sagesse du Rite Moderne ou Français en Suisse.
 

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Un entretien avec le Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil du Rite Moderne pour la Suisse, F :. F :..

IT : La question plutôt rhétorique semble éternelle : mais à quoi servent ces Hauts Grades de la Maçonnerie ? Qu’est-ce qu’on y apprend et fait ?
 
FF :  La réponse, en ce qui concerne ceux du Rite Moderne, est celle donnée par Roëttiers de Montaleau lorsqu’il les a établis :
 
Pour le Vème Ordre :
  1. Étudier et pratiquer tous les grades de tous les Rites connus (81 en son temps)
  2. Être une chambre d’administration pour le Suprême Conseil de la juridiction.
 
En ce qui concerne le point 1 il n’y a pas de discussion possible : chaque grade se pratique en Chapitre par les FF et SS qui le possèdent, tous les grades au-delà du 4ème Ordre (18 REAA) peuvent être étudiés et pratiqués en Suprême Conseil par tous les FF et SS en possession du dernier grade du Rite Moderne (V/9).
 
En ce qui concerne le point 2, le Suprême Conseil intervient d’autorité en tant que chambre d’administration pour régler tous les problèmes qui pourraient surgir entre les Chapitres de la Juridiction, il intervient comme médiateur, il ne s’impose pas aux Chapitres, qui sont souverains, sauf s’ils enfreignent les règles fixées par les Statuts et règlements.
 
IT : Quel est le rituel de cet ultime Vème Ordre ?
 
FF :  D’une manière plus générale, concernant tous grades au-delà de celui de Maître, ils sont un approfondissement personnel pour chaque F ou S de ce dernier grade, dans le cadre d’un Rite précis, celui que le F ou la S choisissent de pratiquer de préférence à d’autres parce qu’il leur semble mieux leur convenir.
 
Dans le Rite Moderne, le Vème Ordre n’avait pas de rituel particulier fixé à l'origine (1786) et les événements historiques (Révolution française de 1789) ont fait qu’aucun rituel n’a été retenu à l’époque. Le Rite ayant été transmis au Portugal sous Napoléon et de là au Brésil, où il a été pratiqué sans interruption depuis lors, le Suprême Conseil du Brésil a créé au XXème siècle un rituel pour le Vème Ordre, en deux grades. V/8 et V/9, c’est cette lignée qui a été transmise du Brésil à la Belgique et de la Belgique à la Suisse, l’aspect initiatique du dernier grade est évident au moment de sa réception et ne peut évidemment pas être transmis par écrit dans ce contexte ou dans tout autre.
 
IT : Ou pratique-t-on les travaux maçonniques de ces grades ?
 
FF : En Suisse il est aujourd’hui possible de pratiquer tous les grades du Rite Moderne, les trois premiers (Apprenti, Compagnon, Maître) en Loge bleue, les quatre Ordres suivants en Chapitre et les deux derniers du Vème Ordre en Suprême Conseil.
 
Il est pour moi évident que lorsqu’on choisit de pratiquer un Rite on devrait le pratiquer du début à la fin, parce qu’il y a une cohérence d’ensemble qu’il faudrait respecter. Il était cependant difficile jusqu’à récemment de pouvoir le faire en ce qui concerne le Rite Moderne dans sa forme d’origine, parce que le GODF, qui lui avait même changé de nom en l’appelant Rite français, en avait pratiquement le monopole et avec le temps en avait modifié tous les grades à différentes occasions, selon les modes philosophiques du moment.
 
Depuis les travaux historiques du F René Guilly, qui ont abouti à la création du Rite Français Traditionnel, pratiqué à la LNF, les publications des différentes versions successives du Rite Moderne d’origine se sont succédées jusqu’à la toute récente (2022) par Marc Meisner, avec le titre ‘’Rite Français en Version Originale’’.
 
En Suisse nous pratiquons le Rite Moderne selon la version que la Belgique a reçu par le Brésil en ce qui concerne le Vème Ordre ; en ce qui concerne les quatre Ordres selon la version reçue par Grand Chapitre Général Mixte de Belgique ; et les trois grades bleus selon la version reçue par la Loge ‘’Tradition et Progrès’’ de Mons (Confédération de Loges Lithos).
 
Dans tous les cas il s’agit de versions d’origine du Rite, auxquelles nous voulons rester fidèles parce que nous pensons qu’elles reflètent la conception de la Franc-maçonnerie de ses fondateurs au XVIIIème siècle, qui est celle que nous voulons pratiquer parce qu’elle nous parait encore valable de nos jours.
 
IT : S’agit-il de s’affranchir de l’approche opérative pour se consacrer à l’étude ésotérique ? Y a-t-il des choix pour le libre penseur ?         
 
FF : Il ne s’agit pas de faire un choix entre raison et foi, ou entre rationalité et ésotérisme, la Franc-maçonnerie n’étant pas une Eglise ou une religion, ni une approche scientifique théorique de la réalité, mais une pratique de réflexion symbolique qui devrait permettre d’appréhender au mieux le monde sous tous ses aspects.
 
La méthode maçonnique se base sur l’usage complémentaire de la réflexion intellectuelle et de celle symbolique, cette dernière étant vécue à travers la pratique des rituels, qui ont une base commune dans tous les rites au niveau des trois premiers grades, mais qui se différencient ensuite selon l’accent particulier de chaque rite.
 
Le Rite Moderne a la particularité d’avoir été créé par un travail en commun de plusieurs maçons sous la direction de Roëttiers de Montaleau, qui après examen de tous les rituels connus à leur époque en ont retenu les plus importants et les ont mis en forme dans un système qui du premier au dernier grade présente un suivi cohérent et fidèle à l’idée directrice de la Franc-maçonnerie de cette époque, dite des « Lumières » : être le Centre de l’Union entre des personnes qui sans cela auraient été les unes aux autres totalement étrangères.
 
 
IT : La maîtrise ne suffit pas au Maître Maçon ? Y a-t-il encore du chemin de cherchant après ?
 
Arrivé au grade de maître un franc-maçon a pour ainsi dire terminé sa formation opérative, et si cela lui suffit il peut sans autre s’en contenter. Il y a d’ailleurs des rites, comme celui créé par Friedrich Ludwig Schroeder (1744-1816), qui est devenu le rite de la Grande Loge provinciale de Hambourg en1814 et qui est aujourd’hui le rite de la Grande Loge allemande des AFAM, qui ne comprend que ces trois grades. Il est pratiqué aussi en Suisse alémanique et dans d’autres Pays européens.
 
Pour les maçons auxquels la maîtrise suffit et qui connaissent l’allemand cela peut les satisfaire. Mais pour ceux qui cherchent à approfondir leurs connaissances, d’autres possibilités se présentent, et ce dès le XVIIIème siècle déjà. Les choix sont multiples, selon les intérêts particuliers de chaque Maître.
 
En Angleterre on a créé plusieurs voies différentes de grades appelés « à côté » (Side Degrees) qui peuvent être pratiqués après la Maîtrise (comme la Maçonnerie de la Marque, un système opératif), sur le Continent on a choisi une autre manière de procéder, qui a donné la formation de diverses Juridictions de « hauts grades », appelés aujourd’hui « Grades de Sagesse ». Les rites les plus pratiqués sont aujourd’hui le REAA en 33 degrés (d’origine américaine) et le RER en 6 grades (qui impose à ses membres d’être fidèles à la religion chrétienne et qui est aujourd’hui devenu une « marque » suisse), les rites maçonniques égyptiens, nés au XIXème siècle, comme Memphis-Misraïm, ont multipliés les grades et étudient et pratiquent des formes d’hermétisme et d’occultisme.
 
Le Rite Moderne est quant à lui resté fidèle à l’esprit des « Lumières » et n’oblige personne à renoncer à son libre arbitre et à sa liberté de pensée.
 
IT : Quelle est l’attente initiatique des réceptions au Ve grade ?
 
FF : Je ne dirai rien par écrit, il faut l'avoir reçu pour savoir de quoi il s'agit.
 
 
Références :
 
Marc Meisner, Rite Français en Version Originale. Les 7 Grades de 1784-1785, Êphaestos Ltd, Londres, 2022
 
https://www.scrms.ch/index.html
 
https://www.scrms.ch/CHAP_BIBL.html
 
CB, Références et Opinions, Plaidoyer pour les Ordres de Sagesse

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Une mise en perspective

29/10/2024

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De la pertinence des outils maçonniques
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…
Pour la mise en bouche, permettez-moi de vous raconter une petite histoire qui en quelque sorte parle de ce que vais vous parler.
 
L’impertinence assoupit les croyances
 
Cela se passe dans une contrée onirique, aux confins de l’imaginaire, dans cet interstice entre le rêve et le sommeil, ces espaces et ces temps où tout paraît possible.
 
Tous les citoyens de cet état naissent aveugles
 
Le roi de ce pays, lors d’une assemblée avec ses ministres, entend parler d’un être fabuleux aux frontières de ses états qui soulève l’étonnement et la crainte de la population et, semble-t-il, personne n’a été capable de le décrire. Souhaitant savoir si cet être serait susceptible d’être une menace pour son royaume, le monarque décide d’y envoyer une délégation de trois de ses plus éminents scientifiques, afin qu’un rapport sur cette éventuelle menace lui soit fait et que l’on puisse décider des mesures à prendre.
Le voyage aux confins du royaume s’effectua sans encombre et le trio arriva dans les parages du phénomène, prit ses quartiers et se reposa.
 
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Or, il advint que durant la nuit un grand tumulte réveilla notre trio, qui prenant leur courage à 6 mains s’approchèrent de la source du remue-ménage et tremblants procédèrent à un examen minutieux, mais néanmoins sommaire de la situation, avant de rejoindre leurs quartiers.  Au petit matin, en se levant après cette nuit terrifiante, chacun regarda l’autre avec méfiance, et gardant leurs découvertes chacun pour soi, ils reprirent cahin-caha le chemin du retour. Mis en présence du roi, ils furent alors sommés de rendre leur rapport.
Le premier dit :
- Oh mon roi, c’est un temple vivant fait de chair dans lequel je suis entré, bordé de 4 colonnes vivantes et chaudes au toucher, le toit est également fait de chair, sèche, chaude au toucher et réagissant au contact. Le dieu adoré dans ce temple s’est alors exprimé par un terrible bruit de trompettes célestes, et ne voulant pas déranger celui-ci plus avant, satisfait de ma découverte, j’ai quitté les lieux au plus tôt.
Le deuxième le coupa et dit d’une voix moqueuse, : -Majesté, cet homme devait être ivre, il n’y a pas de temple de chair, car en réalité il s’agit d’un oiseau, de taille immense, de chair il est vrai je l’ai senti quand une de ses deux ailes m’a giflé en claquant avec fracas, l’autre émettant un bruissement de soie, je suis alors tombé à terre, puis me relevant, j’ai quitté ces lieux effrayants.
 
Le troisième prit la parole et dit au Roi : - Tout ceci est faux, en réalité, il s’agit bien d’un dieu, un immense serpent de chair suspendu dans les airs, chaud et sec au toucher, parsemé de quelques poils drus. Le dieu-serpent est amical, il s’est enroulé sur mon bras, m’a reniflé bruyamment et caressé doucement, puis il s’est emparé d’une pomme que j’avais dans ma poche et me quitta tout simplement. Pour manifester son plaisir, comme un immense tambour, il frappa le sol en cadence tout en s’éloignant. Je suis alors rentré dans mes quartiers, le cœur rempli d’allégresse après cette rencontre avec le divin. Ces deux prétendus scientifiques ont dû avoir peur, et ne se sont manifestement pas approchés du phénomène, ils racontent n’importe quoi, et te mentent pour se dédouaner.
Sur ces paroles, les deux premiers s’élancèrent le troisième, et tout en hurlant et vociférant à qui mieux mieux, ce petit monde s’étripa face à la foule médusée et au roi pantois.
 
Dans cette petite histoire, chacun aura pu – bien sûr- reconnaître un éléphant, car nous, bien sûr, ne sommes pas aveugles et nos différentes croyances portées à nos différentes perceptions du réel nous rassemblent plus qu’elles ne nous divisent. Notre méthode nous invitant à porter en permanence le regard vers notre système de valeurs pour orienter nos actes, que nous soyons mal ou bien voyants.
 
Une mise en perspective : ne pas confondre le but et les moyens

ImageTous les chemins mènent à Rome - YSKaw - Digital Art & AI, - ArtPal
Je vous invite donc à partager ici ma réflexion sur la pertinence de la mise en perspective des outils maçonniques et vous laisse juges de l’impertinence comme variable pour assouplir nos croyances. Car, et c’est mon hypothèse, nous sommes tous des croyants, et particulièrement ceux dont la croyance consiste à croire ne pas être croyant. Invités à cultiver un esprit critique en FM, nous sommes également des sceptiques à l’égard des croyances et conviés ainsi à être à la fois et sceptique et croyant, dans le tracé esthétique d’un dialogue des contraires.

Quand on a des valeurs communes – et que nous les mettons en pratique-, il n’y a aucun problème à ce que les moyens pour les atteindre puissent différer de l’un à l’autre et ceci constitue la première pierre à mon édifice : Il ne faut pas confondre le but et les moyens, comme nous le verrons plus loin. Et puis une métaphore a ses limites, la carte n’étant pas le territoire.
 
Pour nous FM de la Maçonnerie libérale et adogmatique, le siècle des Lumières est fondateur de notre démarche si particulière. Nous nous nous réclamons par exemple d’une démarche de la pensée qui se dit cartésienne, en référence à René Descartes et à sa méthode dans laquelle il est exposé : Tabula rasa et Nemo ante me, ce qui implique que dans un objet de la pensée cartésienne on repart de zéro : Tabula rasa et que toute considération préalable est nulle et non avenue : Nemo ante me.
​

Dans cet état d’esprit : Tabula rasa, si au lieu d’être des Francs-Maçons, héritiers des corporations de bâtisseurs, qui représentaient le niveau scientifique le plus élevé de l’époque, nous étions par le plus grand des hasards des francs-plombiers, héritiers des ingénieurs en canalisations de l’empire romain, nul doute qu’entre FF, nous nous donnerions des tuyaux pour éviter des fuites et être raccords les uns envers les autres, afin que le fluide vital puisse transiter et aller où notre volonté le porte et qu’il faille aménager avec minutie la pente naturelle du monde pour que nous puissions bénéficier de ses ressources. Vous voyez qu’on peut faire dire tout et n’importe quoi qui soit chargé de sens, quand on fait dans la métaphore.
 
La transcendance… vient de chacun d’entre nous…

ImageEn Buddha on se voit soi-même
Et celle-ci a ses limites, car la carte n’est pas le territoire. En ce sens, et comme l’a relevé Roger Dachez, historien du GOF, la FM est aussi une création s’inspirant et s’appropriant des sources diverses afin d’alimenter son propos, entre les outils de l’Art Royal, les Templiers, la gnose, les outils mémoriels des sociétés orales, l’alchimie, les pythagoriciens, et quelques pyramides, etc. etc. la liste reste ouverte.

Pour nous FM, un de nos objectifs tiendrait à contribuer à développer l’être humain dans son rapport au réel, encadré par un florilège de règles morales, voire éthiques, ce qui ressemble en apparence aux religions du Livre qui nous ont habitués à des mythologies sur lesquelles on fonde un socle de vérité absolue, incontestable et indéboulonnable. Pour faire partie de celles-ci, il faut faire un acte de foi, c’est donc la foi qui sauve pour la religion, alors qu’en FM c’est une transcendance qui vient de l’intérieur de chacun d’entre nous, au sens de Hegel, aufheben, c’est cela qui nous transforme. Notre méthode rassemble des moyens pour que l’homme se transforme de lui-même, par lui-même et en compagnie de ses FF et SS, ce qui n’est tout simplement pas acceptable pour les religions du Livre où le salut vient de Dieu, on pourrait chipoter ad eternam sur la pertinence de cette posture, mais nous Maçons, savons que l’on peut être à la fois croyant ET maçon, sans que cela soit antinomique. Que cette posture ne soit pas partagée par les appareils religieux, en dit long sur leur capacité intellectuelle à appréhender ce phénomène, ou pire encore, sur leur cynisme à ce sujet.

Car voyez-vous, une autre différence de taille avec les systèmes de pensée des religions, ces merveilleux outils de régulation sociale, tient à la nature de la transgression quant au système de règles et de valeurs. Dans la foi, celui qui transgresse pèche, des moyens lui sont alors donnés pour corriger cet état de fait, pour autant qu’il s’immerge encore plus profondément dans le système de croyances. Nous ne sommes envers ces systèmes que ou dedans ou dehors, il n’y a pas d’alternative, c’est ce qu’on appelle une pensée binaire, puissant moteur de la DOXA, cet ensemble des opinions reçues sans discussion, comme évidentes, dans une civilisation donnée.

Ce qui importe aussi à mon sens, mes FF (et SS), c’est la finalité de nos valeurs, là où elles nous conduisent et avec quel véhicule pour nous y conduire, et vous conviendrez bien sûr qu’il serait absurde de confondre le véhicule avec sa destination.  Ou si vous préférez, la carte n’est pas le territoire.

De nombreux outils, mais ce sont des moyens, pas des buts...

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Il en va de même avec nos outils, tous les outils de l’Art Royal nous procurent de nombreux moyens, mais que des moyens, qui nous aideront, pour autant que l’on s’en serve, dans le rude chemin initiatique de la vie, ces moyens sont au service de nos valeurs, car la FM est, de par sa nature, téléologique, c’est à dire qu’elle n’existe que fonction de ses finalités. Les valeurs qui nous rassemblent et qui conduisent nos actions, ou tout au moins qui devraient conduire nos actions. Ce que nous sommes aussi appelés à ne pas faire en FM, c’est de confondre le but avec les moyens, comme par exemple sacraliser les outils de l’Art, le Temple et les cheminements dans ce dernier, et quand je dis sacraliser, je dis bien leur accorder un statut de finalité, un statut de but à atteindre.
Pour un maçon, il y a des horizons d’attente incarnés par nos valeurs, que nous voulons rejoindre, ce qui implique un trajet en direction de celles-ci, car notre philosophie est dynamique, et n’existe que par l’action, avec en conscience le trajet non pas accompli, mais qui s’accomplit ici et maintenant dans le fil de nos vies. Que nous ne soyons pas à la hauteur de nos valeurs ou pas encore, ou pas assez, qu’importe, nous y travaillons et nous allons dans cette direction, ou tout au moins nous devrions y aller, car nous nous y sommes engagés, par des serments solennels. On peut faillir, vaciller, se reposer en chemin, remettre en question nos modèles de référence, cultiver la foi et le doute, qu’importe, ce qui importe c’est le trajet et la constance, la récurrence de nos engagements :

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage ! disait le poète (du Bellay)
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Que ton voyage soit long...

Ici c’est le trajet qui importe

ImageQue ton voyage soit long!
Ici c’est le trajet qui importe, et les bénéfices collatéraux de celui-ci, je dis bien collatéraux, car si on avait pu interroger Ulysse sur ses innombrables tribulations, je doute qu’il ait pu être aussi positif envers les innombrables tuiles qui lui sont tombées sur la tête.
 
Nous, Maçons, sommes porteurs d’une philosophie dont le cœur est l’action, la PRAXIS, concept de l’Antiquité, dont la source est l’Éthique à Nicomaque et la Métaphysique, ouvrage d’Aristote. Elle est définie comme action pratique, c'est-à-dire comme activités qui ne sont pas seulement contemplatives ou théoriques, mais qui transcendent le sujet. (wiki)

Si la différence de méthode entre FM et religion est patente, il n’en reste pas moins que, comme eux, nous nous sommes infligés des devoirs par la voie des engagements successifs,  des serments que nous avons prononcés, infligés, c’est le terme. Un cadre d’un poids considérable et chez nous les maçons adogmatiques, aussi pesant que celui de la religion, mais sans recours possible ni partage avec Dieu, si ce n’est dans le secret de nos cœurs, car nous restons seuls avec nous-mêmes. 
 
D’où la pertinence de la fraternité (et de la sororité) afin que le fardeau soit moins écrasant.
Vous êtes des vieux routiers du symbolisme, vous ne serez donc pas étonnés que la mise en perspective que je suggère ici soit du même type que celle de l’archer, qui doit aligner deux points dans l’espace pour en atteindre un 3eme. Le point le plus évident est la tenue ferme de l’arc le bras tendu à la hauteur des épaules et la visée au-dessus de la main gauche pour les droitiers et bien sûr au-dessus de la droite pour les gauchers, le corps est aligné dans l’axe de l’arc, 3 doigts de l’autre main imprimant une tension sur la corde, la flèche encochée entre les doigts d’une main et au-dessus de l’autre main, mais attention ! Le 2eme point n’est pas les yeux, mais bien et surtout la posture de notre corps physique et mental. Si celle-ci n’est pas bonne, même et surtout à notre insu, le tir sera raté et le 3eme point, la cible, ne sera pas atteinte. En fait, on ne peut pas savoir si on est dans la bonne posture ou pas, il n’y a que le résultat de l’action qui le dira. On est dans la cible ou pas, c’est binaire. Mais l’action qui consiste à aligner deux points en vue d’identifier, puis d’atteindre un 3eme, produit une équation à trois termes dialoguant entre eux, une équation ternaire. Ternaire, comme les gradins qui conduisent à l’Orient, ternaire comme le fil invisible qui sépare les carreaux noirs et blancs du pavé mosaïque, dans un dialogue improbable et silencieux. Ternaire comme le dialogue dynamique entre deux objets de la pensée, Bien Mal, juste faux, jour nuit etc., etc.
De la même façon, si au lieu d’être des francs-maçons, nous étions des francs-archers on pourrait se demander dans le fil de notre vie, si à tel moment ou à telle occasion, nous sommes dans la cible ou pas et quelle est, ou a été, notre posture d’être humain sur ce coup-là ?
C’est bien entendu absurde, nous n’avons jamais à nous demander quelle est notre posture, n’est-ce-pas ? Puisque nous sommes des francs-maçons et non pas des francs-archers et que travaillant avec des gants blancs dans un désir de perfection, nous serions également et par analogie porteurs et messagers d’une certaine perfection ?
 
Le messager n’est pas le message, la carte n’est pas le territoire

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Attention aussi ici, le messager n’est pas le message, la carte n’est pas le territoire et nous pouvons parfaitement être porteur d’un message de la plus haute valeur morale, en apprécier les contenus et les contours, les transmettre et être soi-même, à l’occasion, en contradiction notable et observable avec le message que nous affirmons porter. Ce qui implique nécessairement la tolérance envers les autres, mais aussi avec soi-même.

Un exemple bien de chez nous pour illustrer ceci ? François Arouet de Voltaire a été initié durant les derniers mois de sa vie, dans un paquet ficelé du un au trois durant une seule et unique journée et ce à l’initiative de Maçons « s’étant indignés que le  grand homme ne fût pas des nôtres », alors que les valeurs qu’il avait prônées et exposées à l’esprit de tous durant toute sa longue vie,  par le  menu, et avec son esprit affuté et moqueur, avaient contribué de manière irrémédiable à déconstruire les systèmes sociaux sous statut d’évidence ; je veux parler du pouvoir politique absolu, la royauté et la religion alors représentée par la toute puissante église catholique. Les trois derniers mois de sa vie. Puis Voltaire s’en alla. Comme l’a dit plus tard Alphonse Allais, partir c’est mourir un peu, mais mourir c’est partir beaucoup. Mais son œuvre resta, ses œuvres aussi hélas, car Monsieur le Roué, dans son irrésistible ascension sociale par le moteur de l’esprit, lui-même animé par la non-moins toute puissante raison, n’avait pas négligé la prospérité matérielle et s’était considérablement enrichi avec la traite négrière.  Ce fait historique est accablant pour le maître de la pensée, grand précurseur de l’égalité, chantre de la liberté, et cimenteur de la fraternité. Ces graves manquements n’enlèvent en rien la valeur et le patrimoine des travaux de Voltaire, mais peut-être et je dis bien peut-être que s’il était réellement passé par le laborieux chemin initiatique que nous connaissons et affirmons pratiquer, peut-être que Voltaire aurait trouvé d’autres moyens pour développer sa prospérité matérielle.

Comme Rousseau, dont on célèbre encore l’humanisme profond, mais qui avait abandonné sans remords et laissé dans la misère la plus profonde, femme et enfants au profit de sa carrière. Ici le besoin de reconnaissance avait taclé brutalement la simple humanité. Un autre exemple d’incohérence pour nous, ici et maintenant.

Nous pouvons également relever qu’aux époques de ces compères, la raison, nouvelle doxa - désormais effigie idolâtrée au firmament de la pensée universelle - avait omis de traiter : Il s’agit de l’intrication de la raison avec les affects, les émotions, dont il fallait alors absolument se distancier, credo cartésien oblige. Credo : Si j’ai raison, alors l’autre qui pense différemment a forcément tort, n’est-ce pas ?

Ce n’est qu’entre la 2e moitié du 19e siècle et la première du 20ème que les affects et l’émotion ont commencé en science et en philosophie à être intégrés progressivement à la raison, amenant ainsi une compréhension plus profonde de la si complexe nature humaine, notamment cristallisée dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.  

Article 1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Qu’il soit néanmoins dit, ce midi, qu’il existe une posture personnelle, en tension avec un deuxième point de visée, l’objet de notre réflexion et un objectif, plus commodément appelée la cible. Et celle-ci, en maçonnerie, est un assemblage hétéroclite de valeurs et de croyances, de choses belles et vraies que nous cherchons à atteindre pour les partager avec nos FF et SS en humanité.

Des horizons d’attente dans une articulation en trois points. Un début de réflexion ternaire.
 Et si la méthode maçonnique nous propose des outils pour penser, c’est bien parce que nous nous réclamons de la tradition des bâtisseurs, mythologiquement depuis le 1er Temple de Jérusalem, jusqu’aux cathédrales et pratiquement parce que nous en avons fait un modèle dans nos vies.

Néanmoins, toute chose a ses limites et le symbolisme aussi ou comme le disent encore et toujours les humanistes de l’Ecole de Palo Alto : La carte n’est pas le territoire. 
Le symbole n’est pas la chose qu’il représente, même s’il nous en donne une idée. Un aperçu, une ombre sur un mur, comme dans la caverne de Platon. L’ombre de l’idée de quelque chose à atteindre. Nous savons ce dont il s’agit par les valeurs transmises dans les différentes initiations du 1 jusqu’au 3 et avons des outils pour ce faire, nous avons donc le où et le quoi, mais ici il nous manque encore et bien sûr le comment. Tout semble si simple, bien qu’à l’usage, le symbolisme des outils maçonniques relève d’une telle évidence que se limiter à leur fonction symbolique première pourrait se réduire à enfoncer des portes ouvertes.

Sans rigueur ni solennité, la magie n’opère pas

ImageZen in the art of archery
Une autre de nos vertus cardinales est la rigueur. Nos maîtres vénérés qui formaient hier la chaîne d’union nous ont légué des outils symboliques sur le métier du bâtisseur, bâtissant eux-mêmes une mythologie de la construction de soi en analogie avec la construction de bâtiments conçus pour être eux-mêmes une analogie du rapport à Dieu, allant vers le ciel. Les bâtisseurs de cathédrales représentaient à l’époque la synthèse de toutes les sciences appliquées au réel, de grands scientifiques et en même temps de grands praticiens de leurs sciences, c’étaient des métiers prestigieux pour l’époque. Leurs outils étaient éprouvés, et leurs équerres étaient de vrais angles droits, qui faisaient non pas 87, 88 ou 89 degrés, ni même 91 ou 92 degrés, mais bien 90 degrés, deux angles droits formant une ligne droite sur un plan droit. La rigueur. Sans elle, les témoignages architecturaux du passé ne seraient faits que de Tours de Pise et de vieilles ruines. Leurs compas n’étaient pas rouillés et leurs écartements permettaient de varier les diamètres, et de créer des polygones, des points de fuites, etc, des formes nouvelles. De même ce qui nous garantit la fiabilité de nos outils symboliques, c’est la rigueur dans leur application et la pratique de leurs dialogues avec la réalité de nos existences. Enlevez la rigueur, puis les dialogues, reste la croyance, cette redoutable disposition de l’esprit qui nous fait croire que, parce que, et alors si le réel nous renvoie un constat de non-conformité, c’est que le réel est irréel et faux, puisque la croyance est vraie. Toujours et encore, la pensée binaire est hélas transversale dans les systèmes de pensée qui à défaut de simplicité, affectionnent le simplisme. En Maçonnerie, ceux qui nous ont précédés ont proposé de faire mieux par l’apprentissage d’une pensée à trois termes en dialogue permanent.
La rigueur et la dramaturgie scénique d’une Tenue, constitue un autre aspect de l’enseignement des Anciens
Dans la vie, à force d’emprunter les mêmes chemins, on devient inutiles, c’est ce que dit l’adage profane. Chez nous, pratiquer les mêmes chemins relève d’un Art sacré, qui nous vient de l’Antiquité. Cheminer dans le Temple est un acte dramaturgique et solennel, dramaturgique au sens historique du terme, quand les Anciens grecs, faisaient déambuler les dieux, incarnés et joués par des hommes, dans une temporalité hors du temps linéaire, délimité par l’espace sacré de l’amphithéâtre. Solennel, parce que dans ces moments, nous avons l’opportunité de rentrer à l’intérieur de nous-même, car l’acte se suffit à lui-même, pour autant qu’il soit parfaitement exécuté. Cette rigueur là nous permet de s’abstraire de soi et de visiter nos propres espaces sacrés. Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultam Lapidem.
Nous sommes bien dans une psychologie des profondeurs dont l’origine remonte aux Anciens Mystères, de la Crète à nos jours. 

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Attention aussi ici, sans rigueur ni solennité, la magie n’opère pas.
Un de mes mentors, Georges K, appelait cela « les bonnes manières » qu’un FM se doit d’apprendre et d’en jouer toutes les notes, la nonchalance étant proscrite. Il était pour lui nécessaire que la pièce soit parfaitement jouée dans le Temple, sans flous, ni approximations, sans erreurs négligeant le but recherché, qui nous déconnecteraient immédiatement de la dramaturgie qui se joue. Une dramaturgie où nous sommes à la fois et acteurs et spectateurs en co-constructions de nos spiritualités naturelles et personnelles. Le drame bien joué, il se produit alors un récit intérieur qui tisse un trajet lumineux dans l’obscurité et l’incertitude.
Sans la structuration de sens que procurent les récits mythologiques que nous nous plaisons à créer depuis la nuit des temps, on pourrait dire avec Blaise Pascal :
Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide.
Pour conclure, nous Maçons, travaillons à être en plénitude, à devenir des hommes libres dans des loges libres destinées à une pensée libre agissant dans le monde, en espérant que ce dernier devienne également plus libre.
…
(Edmond Didier I., M.:)

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Le choix des choix

6/10/2024

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Le Maçon est par définition un ouvrier de l’émancipation - de soi et de la société. Mais avec quels outils realiser notre liberté ? Des voies, il y en a beaucoup. Ce petit essai esquisse la recherche personnelle d'un tel outil d’émancipation par la reflexion. Un parmi d'autres.

​Une Loge ou l'esprit maçonnique fleurit, éduque une maitrise tout à fait inhabituelle. La Maitrise et son perfectionnement de sagesse, nous doivent ouvrir des horizons toujours plus hauts et plus riches en possibilités. Je cherche ici, l'outil pratique de pensée pour accroitre cette richesse en naviguant les vents contraires d'un monde "moderne" mécanisé par les causalités apparemment inexorables des faits, des nombres et des technologies.

Au lieu de promouvoir une pensée unique "maçonnique" notre Fraternité cherche à réunir une pluralité de libertés de d’esprit, des choix personnels riches, opposés aux dogmes et aux dictatures. L'art du choix nourrit une de ces libertés. La vocation du symbole "Liberté" est justement de ne pas réduire cette multiplicité de choix, mais de l'encourager en harmonie.
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Le choix des choix


Comme il semble, il n’y a pas de liberté absolue, sauf dans les rêves et les théories. Il apparait que nos vouloirs ne peuvent que se mettre en accord avec ce qui est donné, ce qui est nécessaire, plus haut, autour, au-delà, plus profond que ce que nous voulons. La Pañchatantra écrit si bien :

« Ah ! ce qui ne doit pas être ne se produit  pas,
Et ce qui doit être arrive sans effort.
Même à portée de main, vous échappe
Ce qui ne doit pas exister. » (1)
 
Pourtant, nous gardons l’optimisme, notre vécu n'est pas réduit à la fatalité des causes et des effets ; comme dit Spinoza ironique, même une pierre jetée se croirait – si consciente – voler librement [2]. Tels cette pierre, les gens rêvent d’un libre arbitre qui dit « Je le veux, car j’ai mes raisons ou parce que c’est mon bon plaisir ! ».

En fait, notre liberté mesurable est minuscule, limitée par les besoins de nos corps, la fragilité de nos santés, la brièveté inexorable de la vie; les inévitables obligations et devoirs, l’argent, les lois, les frontières, les us et coutumes nous tiennent bien en laisse.

Même nos raisons et notre volonté – surtout quand elles se sentent libres (car qu’on les laisse battre la campagne) – ont plein de causes et biais qui nous échappent, cachées dans les angles morts de notre nature trop humaine et de notre mental faillible. Pire, elles sont limitées en plus à ce que nous pouvons concevoir. Il paraît qu’on veut ce qu’on est capable de vouloir... L’horizon de nos libertés compare nos désirs et nos valeurs avec nos devoirs et nos moyens.
Ceci est bien entendu une réflexion dans l’absolu. Heureusement, nous ne vivons pas dans l’absolu. C’est l’homme qui est la mesure de toute chose humaine. À chaque moment de la vie. La liberté vécue de l’individu humain n’est pas un objet mesurable de l’Univers matériel, elle n’est pas une question de physique ou de mathématiques mais de pensée, d’action, de morale et de biographie ; les frontières de notre propre vouloir sont, bien par-delà des contraintes matérielles, les limites de notre conscience, d’imagination et de notre capacité à penser dans le temps long.
​
En notre for intérieur et dans la vie de chaque jour, ce mot, liberté, a son sens authentique bien au-delà du plaisir et de l’avoir, qui nous asservissent plutôt que de nous libérer ; l’idéal de liberté porte aussi loin que ce que nous concevons avoir l’intention, faire et vivre. Les autres grands discours nous miroitent de belles philosophies ou de la démagogie creuse.
Au monde profane, notre image de la liberté est à son tour, et encore plus, de dimension sociale et pratique ; nous ne rêvons pas nous libérer de toute causalité mais plutôt de la peur, des tyrans, des empêcheurs, et aussi de l’akrasie, l’impuissance dans la conduite de notre vie ; notre liberté y est présente, par la faculté de trouver et de créer des choix dans la sphère d’espace et de temps qui est notre histoire de vie. Modeste comme elle est, cette sphère est néanmoins l'espace et le temps ou passe notre vie entière.
*
Dans le trop grand débat de la Liberté en général, je dévoile ici un petit ilot d’ingéniosité, pour ceux qui agissent afin d’agrandir la somme de leur liberté individuelle par la multiplication de leurs choix.
*
Je propose qu’individuellement, nous n’avons pas excuse d’être fatalistes ; la personne habile, qui apprend, qui comprend, et qui prend initiative avec un brin de courage, trouve et se crée beaucoup de liberté, par ses choix.
Qu’il est triste pourtant que tant de liberté potentielle reste inaccessible à autant de gens, simplement parce qu’ils ne savent même pas ce qu’ils peuvent vouloir !
*

Qu’est-ce que la liberté humaine, en fait ?
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La Franc-Maçonnerie libérale en Suisse

15/9/2024

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ImageCharte de la FM Libérale suisse (FMLS)

Voici un document de reference, à garder, la synthèse la plus à jour concernant la F.M. Libérale suisse. Nous reproduisons, avec permission d'auteur, le document original publié dans la revue Masonica du groupe de Recherche Alpina* et sur le site du Grand Orient de Suisse**

L'équipe "inter obédientielle" de la GRA rassemble en harmonie suisse bien fédérale, les points de vue propres des auteurs, un exemple dans ce monde maçonnique encore hanté par par les tristes habitudes d'anciens pouvoirs coloniaux qui persistent encore ailleurs. Mais nous, nous rêvons d'une Franc-maçonnerie universelle qui regarde vers le futur***.

Notes:
Reproduction de l’article co-écrit par MM Jacques Hermann et Michel Jaccard pour la Revue Masonica (de 2023) publiée par le Groupe de Recherche Maçonnique Alpina et le site GOS
*  https://www.masonica-gra.ch/fr/revue-masonica/articles-choisis-de-masonica
​** https://grand-orient-suisse.org/la-franc-maconnerie-liberale-en-suisse/
*** La Franc-maçonnerie Libérale Suisse est appelée à " ... à travailler à l’amélioration de la condition humaine dans le respect de la dignité de celle-ci par le rejet de toute discrimination et sans aucune restriction conformément au principe de la plus absolue liberté de conscience et de conviction. Ce principe est consubstantiel à la Franc-Maçonnerie libérale et adogmatique.
​La Franc-Maçonnerie Libérale Suisse (FMLS) s’engage à promouvoir, dans le monde profane sur le territoire helvétique, une image positive et constructive de la Franc-Maçonnerie. Elle entend travailler de façon concrète à l’amélioration matérielle et morale et au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité...
Par les rencontres inter-obédientielles telles que les colloques qu’elle organise, la FMLS entretient et consolide les liens fraternels qui unissent les Frères et les Sœurs résolument attachés à la liberté absolue de conscience, fondement du courant libéral de la Franc-Maçonnerie.

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Fraternité de forme, fraternité de fond

28/5/2024

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Que dit la Bible de la fraternité

15/5/2024

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Titian 1543–1545, Cain tue son frère Abel. Basilica of Santa Maria della Salute
Qui ne parle pas de la fraternité ?  Tout le monde l’admire et l’invoque mais les mauvaises langues disent qu’on en parle autant parce que le fraternité humaine va de mal en pire dans le monde. On en manque partout. Il vaut la peine d’approfondir ce sujet.
 
J’ai demandé à Gemini IA des références du mot "fraternité" dans les versions standard de la Bible en Français. On devrait bien entendu chercher dans plusieurs religions du monde pour assurer que cette exploration soit plus significative pour les grandes religions et autres spiritualités).
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“All religions are basically the same. They all teach people to be good.” kathimerini.gr 2014.
Bien que le concept de fraternité soit au cœur de la Bible, le mot précis « fraternité » est en réalité assez rare dans les traductions standard. Mais on trouve plus souvent les termes « frères » ou « amour fraternel ».
 
Malheureusement les premiers frères qui viennent à l'esprit sont Cain et Abel, suivis pas Joseph et ses frères qui l’ont vendu : en fait, la Bible ne commence pas par une définition de la fraternité, par ses crises. : "Si la Bible commence par le drame de Caïn et Abel, est-ce pour nous dire que la fraternité n'est pas donnée, un départ naturel, mais un effort de construction permanent ?"
 
En hébreu et en grec, les mots utilisés ouvrent des dimensions que le mot français "fraternité" (trop souvent réduit à une émotion) ne couvre pas toujours.
 
Voici quelques occurrences spécifiques du mot «fraternité» dans les principales versions françaises :
 
1. Ancien Testament
Le terme apparaît principalement pour désigner un lien rompu ou une alliance diplomatique :
  • Hébreux 13, 1-2 (Version Bible de Jérusalem) « Que l'amour fraternel demeure. N'oubliez pas l'hospitalité ; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »
  • Zacharie 11:14 : Dans la Louis Segond et la Bible de Jérusalem, il est question de briser la « fraternité » entre Juda et Israël.
  • 1 Maccabées 12:10 et 12:17 : Dans les versions incluant les livres deutérocanoniques (comme la TOB ou la Bible de Jérusalem), le terme est utilisé pour décrire les liens diplomatiques (« renouer la fraternité »).
2. Nouveau Testament
Dans le Nouveau Testament, le mot grec philadelphia est souvent traduit par « amour fraternel », mais certaines versions utilisent « fraternité » pour traduire adelphotes :
  • 1 Pierre 2:17 : « Honorez tout le monde ; aimez la fraternité » (dans des versions comme la Darby ou Ostervald). Les versions plus courantes comme la Segond 21 ou la TOB préfèrent « aimez vos frères » ou « la communauté des frères ».
  • 1 Pierre 5:9 : Référence à la « fraternité » (l'ensemble des croyants) répandue dans le monde.
Résumé par version
  • Louis Segond (Classique) : L'utilise principalement dans Zacharie 11:14.
  • Traduction Œcuménique de la Bible (TOB) : Préfère souvent « union fraternelle » ou « communauté des frères », mais conserve le mot dans l'Ancien Testament.
  • Bible de Jérusalem : L'utilise pour désigner des liens formels ou des alliances rompues.
Si vous cherchez l'esprit de la fraternité, le passage le plus cité reste le Psaume 133:1 : « Oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! »

Voici trois options textuelles précises, en français :
1. L'option la plus classique et rassembleuse (L'harmonie)
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Noel Chrétien. Image IA
Idéale pour commencer sur une note de bienveillance et d'unité.
« Voici, qu'il est bon, qu'il est doux pour des frères d'habiter unis ensemble ! »
— Psaume 133, 1 (Version Louis Segond)
2. L'option la plus exigeante (L'action)
La fraternité comme devoir concret envers l'autre.
« Que l'amour fraternel demeure. N'oubliez pas l'hospitalité ; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »
— Hébreux 13, 1-2 (Version Bible de Jérusalem)
3. L'option d’appartenance à la religion (L'identité commune)
Cette citation souligne que la fraternité définit l'appartenance à une même communauté de destin.
« Honorez tout le monde ; aimez la fraternité ; craignez Dieu. »
— 1 Pierre 2, 17 (Version Ostervald)
 
Voici les piliers linguistiques et thématiques de la notion :
1. En Hébreu : Ach (אָח) – La Fraternité du Sang et de l'Alliance
Le mot Ach désigne le frère de sang, mais il s'étend très vite au "prochain".
  • La Fraternité de Destin (Joseph) : L'histoire de Joseph et ses frères (Genèse 37-50) est le grand récit de la restauration. Elle montre que la fraternité n'est pas un dû, mais un choix de pardon. Joseph dit : "Je cherche mes frères" (Gen. 37:16). Cette quête devient le symbole de la réconciliation nécessaire pour former une nation.
  • La Fraternité de Loi (Lévitique) : "Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur" (Lévitique 19:17). Ici, le "frère" est le membre du peuple avec qui l'on partage une responsabilité éthique.
2. En Grec : Deux visages de la Fraternité
Le Nouveau Testament distingue deux formes d'amour qui définissent la fraternité :
  • Philadelphia (φιλαδελφία) : L'affection entre membres d'une même famille ou communauté. C'est la "chaleur" du foyer. C’est le terme utilisé dans Hébreux 13:1 ("Que l'amour fraternel demeure").
  • Agapè (ἀγάπη) : C'est la fraternité universelle et inconditionnelle. C'est celle qui pousse à aimer même l'ennemi. Elle transforme le "Frère" (celui qui me ressemble) en "Prochain" (celui qui a besoin de moi).
3. La Fraternité Universelle : Le passage du "Frère" au "Prochain"
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Le bon samaritain, on est tous frères pour lui 123rf 2016
La référence incontournable du Nouveau Testament est la Parabole du Bon Samaritain (Luc 10).
  • Jésus y redéfinit la fraternité : elle n'est plus une question de généalogie (qui est mon frère ?), mais une question d'action (pour qui est-ce que je me fais frère ?).
  • C'est le passage de la fraternité subie (Cain et Abel) à la fraternité agie.
4. Un exemple frappant : Philémon et Onésime
Pour une discussion sur la "complexité" de la notion, la Lettre à Philémon.
  • Paul renvoie un esclave (Onésime) à son maître (Philémon), mais demande au maître de l'accueillir non plus comme un esclave, mais "comme un frère bien-aimé".
  • C’est ici que la fraternité devient une force révolutionnaire : elle brise les hiérarchies sociales au nom d'une identité spirituelle commune.
 
La fraternité de sang (Ancien Testament) et la fraternité d'esprit (Nouveau Testament) 
" la Bible ne commence pas par une définition théorique de la fraternité, mais par ses crises" C’est une observation qui place d’emblée la discussion sur le terrain de la réalité humaine plutôt que sur celui de l'abstraction.
 
1. La fraternité comme « victoire sur l'instinct » (Caïn et Abel)
Dans la Genèse, la première relation fraternelle se solde par un meurtre. Cela suggère que la fraternité n'est pas un sentiment inné ou "naturel", mais une construction éthique.
  • Le point de rupture : La question de Caïn, « Suis-je le gardien de mon frère ? », est le cri de celui qui refuse la responsabilité de l'autre.
  • L'enseignement : La fraternité commence précisément au moment où l'on répond « Oui » à cette question. Elle est le passage de la rivalité (l'instinct) à la solidarité (la conscience).

2. La fraternité qui va subir « l'épreuve du temps » (Joseph et ses frères)
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Joseph vendu esclave par ses frères - impdfilipinas.blogspot 2012
L'histoire de Joseph montre que la fraternité peut survivre à la trahison, mais qu'elle exige une métamorphose.
  • La crise : Les frères vendent Joseph par jalousie (rupture totale).
  • La résolution : Des décennies plus tard, ce n'est pas le sang qui les réunit, mais le pardon de Joseph et la repentance des frères.
  • L'idée clé : La fraternité "humaniste" n'est pas l'absence de conflit, mais la capacité de restaurer le dialogue après la fracture. C'est ce qui permet de « réunir ce qui est épars ».
3. La fraternité comme « dépassement des barrières » (Le Bon Samaritain)
Ici, la crise est sociale et religieuse. La parabole de Jésus répond à une question de juriste : « Qui est mon prochain ? ».
  • Le renversement : Le "Frère" n'est plus celui qui partage ma religion ou mon sang, mais celui avec qui je partage une humanité vulnérable.
  • L'application : C'est ici que la fraternité devient proprement universelle. Elle n'est plus un cercle fermé (ma famille, mon clan), mais une main tendue vers l'étranger.
En conclusion :
Si la Bible expose ces crises avec autant de crudité, elle illustre ce qu'on ne doit pas faire et ce qu'il faut faire; c'est pour nous rappeler que la fraternité est un travail (une œuvre). Elle est ce lien qui tient bon malgré la diversité des opinions et les épreuves du passé. Le frère pardonne...
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Joseph pardonne à ses frères - wikiart.org 2014
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L’Art de critiquer

23/1/2024

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Intéressantes notes de recherche personnelle d'un F:. à la poursuite de la juste mesure en cette démarche vitale pour tout progrès, qui pourtant, souvent  mal comprise et malmenée, risque de désunir ce qui est réuni au lieu de réunir ce qui est épars…
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La critique bienveillante…et les autres…

23/1/2024

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Un noble métier ou un massacre odieux ? Si on sait ce qu’on fait. c'est pour aider... David, Michelangelo, Galleria dell' Accademia, Florence. in repair. Courtesy of ansa
Avant de lire, je vous prie, cher lecteur, de vous souvenir une occasion d’une critique que vous avez faite ou reçue jadis, et que vous n’allez pas oublier[i].
​
De votre souvenir, qu’est-ce qui était critiqué ? Vous ? Vos amis ou proches ? Quelqu’un d’autre qui méritait bien une critique ? Votre travail ? Ce que vous avez dit ? fait ? écrit ? Une opinion ? Une proposition ? Une idée ? Un point de vue ? Un état de choses d’intérêt commun qui requérait un changement ?

Nos vécus, parfois pénibles et couteux, définissent ce que le mot critique veut dire pour nous.
J’ai vécu des critiques comme tout le monde, mais j'ai aussi eu la chance d’apprendre un art de critiquer et de faire usage des critiques dans mon travail de consultant et conseiller en matière de crises institutionnelles. Car donner conseil et intervenir, donner du « feedback » ou assister, évaluer ou être mentor, impliquent inévitablement la pratique de critiquer. Tout comme aider un ami ou votre enfant. Par expérience, je comprends la contribution vitale de la critique mais sa difficulté aussi.
ImageTrois singes sages, eljueves.es 2013
Vous vous demandez probablement si la critique a sa place dans les loges maçonniques, dédiées par leur nature à l’harmonie et à l’amour fraternel. Tout sujet qui divise n’est-il déconseillé en nos rencontres ? À première vue il est fraternel de ne dire que du bien, sinon de se taire à la façon de l’apprenti.
​
Le sens commun préjuge sagement qu'il faut éviter de critiquer et de se faire critiquer. Mieux vaut ne pas voir du mal, ne pas entendre du mal, ne pas dire du mal... Comme les trois singes hindous. De plus, on ne sait pas comment s’y prendre ; le savoir-faire de la critique est rare et on n’apprend pas à l’école pourquoi, quand et comment critiquer.  

ImageLa Pierre, le maillet et le ciseau storyista.com 2017
Sans approfondir, on croit que critiquer c'est parler contre. Faux ! Ceci n’est qu’un choix tronqué.

Critiquer [ii] est tout d’abord un outil du mieux faire – pas pour faire du mal - tel que nos maillets et ciseaux. On œuvre pour ciseler la face encore brute. Le critiqueur qui sait ce qu’il fait, ne critique pas pour reprocher (inutilement) après coup, mais pour corriger, pour prévenir et surtout pour mieux faire par la suite. Ou alors, pour arrêter les pertes, protéger et éviter le pire qui s’annonce.

Le but d’une critique compétente est un progrès. Une critique complète, qui vaut la peine, est formative ; elle inclut sans les manquer, tant les points forts, pour les accroitre, que les points faibles, pour les corriger [i]. On peut même choisir d’encourager exclusivement ce qui réussit, en laissant oublier ce qui est faible.
                                *

En bref, je vais décrire trois sortes de critique qu’on peut reconnaitre par leur but :

I - la Critique Amicale, au service du conseillé - elle protège et aide

II - la Critique Objective assure le résultat et la conformité – elle conclut en solution

III - la Critique Hostile cherche à rejeter empêcher, nuire et punir, elle finit avec vainqueurs contre perdants (ou tous perdants, souvent)

Il est bien de comprendre que, pour nous humains, critiquer et faire face à quelque critique – au quotidien ou dans les occasions spéciales – n’est pas une discipline académique ou scientifique, un traité de morale, ni une spécialité d’érudition biblique ou littéraire. C’est agir et s’émouvoir.

Critiquer c’est faire des choses avec des mots, avec des mimiques, gestes et souvent avec des faits. Même le silence ou l’absence, là où on est normalement présent, sont des moyens puissants de critique.

Ce n’est pas de la théorie mais de la pratique. De plus, critiquer et recevoir une critique sont des situations…critiques. Le stress n’y est jamais absent.

Alors, pourquoi prendre ce risque ?


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Les Spirales initiatiques d’un vieux franc-maçon - Marcel Bolle de Bal, ed La Pensée et les Hommes, 2023

19/1/2024

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« Cet essai de Marcel BOLLE de BALLE, sociologue et psychosociologue belge, professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles, Président d’honneur de l’Association Internationale des Sociologues de Langue française, est d’abord un cheminement sur le sens de ses soixante années de vie maçonnique.
​

Le lecteur découvre dans : « Les Spirales initiatiques d’un vieux franc-maçon »  un itinéraire structuré autour d’un symbole, la spirale, peu évoquée dans les rituels maçonniques,  qui lui offre une représentation du temps, entre deux notions traditionnelles de l’évolution temporelle : la flèche du temps (Prigogine) d’une part, la conception de l’éternel retour (Mircea Eliade) d’autre part. Un itinéraire qui est aussi une interrogation ; comme sociologue, sur le milieu maçonnique et en tant qu’humain sur cette sédimentation étrange que révèle dans l’esprit, un parcours initiatique. Le lecteur décèlera dans ce long cheminement, qui est aussi une quête, le témoignage d’un compagnon où il n’est jamais question de soi, mais bien de ce qui relie à l’Autre et au Pluriel. » Fr@ Eric
Ce livre a été dicté sur son ordinateur personnel par un franc-maçon âgé de 92 ans, ayant perdu la vue, devenu incapable de lire, d’écrire, de taper sur son ordinateur. Incapable aussi de relire et de corriger le texte dicté, d’en améliorer le fond et la forme, les redondances et le style.
Heureusement, Françoise son épouse et sœur, lui a proposé de procéder aux aménagements nécessaires pour que ce texte soit publiable. La forme de ce texte se rapproche naturellement plus d’un exposé oral que de celui d’un exposé écrit.
C’est peut-être ce qui en fait  sa valeur et son authenticité. 
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En voici deux extraits du chapitre introductif  et de la Première Spire :

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La Franc-maçonnerie de l’ombre à la lumière - un ouvrage publié par la  Société vaudoise d’histoire et d’archéologie

12/12/2022

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Regroupant douze contributions, ce nouveau numéro de la Revue historique vaudoise, se penche sur l’évolution des loges en terre vaudoise, les rapports avérés ou fabulés entre politique et maçonnerie, mais aussi sur des domaines aussi divers que l’architecture des loges, la franc-maçonnerie féminine ou de la gestion et l’accessibilité des archives de cette société longtemps réputée secrète.

​Sylviane Klein : Introduction : Une société pas si secrète dans le canton de Vaud
Gilbert Coutaz : La franc-maçonnerie suisse : un trou noir de la politique des archives et de la recherche historique
Olivier Meuwly : Franc-maçonnerie et politique vaudoise : un parcours historique
Michel Jaccard : La Parfaite Amitié, une loge vaudoise à la fin du XVIIIe siècle (1779-1808)
Francis Thévoz : Espérance et Cordialité, deux siècles d’interactions entre une Loge maçonnique et son Canton
Michel Jaccard La naissance de la loge Liberté à Lausanne ou le legs de Ruchonnet
Catherine Courtiau : Architecture des loges et symbolisme
Robert Giroud : Le Valais catholique, terreau maçonnique ?
Dominique Freymond : Les libertés fondamentales, véritable enjeu de l’initiative Fonjallaz de 1937
Sylviane Klein : Franc-maçonnerie féminine, vecteur d’émancipation
Daniel Bolens : L’Ordre maçonnique mixte international Le Droit Humain ou la mixité en franc-maçonnerie
Jacques Herman : Le Grand Orient de Suisse et le courant libéral (lire la reproduction avec permission sur le site GOS https://g-o-s.org/v5/index.php/fr/historique)
Mélanges - Adrian Bastian 
: Les Ames intérieures : portrait d’un mouvement religieux
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Livres qui ont changé le monde L’épopée du Poème de Lucrèce

12/12/2022

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Un livre à ne pas manquer, publié par la RL "Le Labyrinthe et le G.O.S.

12/12/2022

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Un ouvrage précieux pour tout Maçon qui planche, et encore plus pour les Officiers des Loges: 388 pages de discours exemplaires pour inspirer et enrichir toutes les occasions de la vie en Loge. Apprenti, j'aurais bien aimé avoir dans mes mains un tel livre qui répond à tant de questions que n'osais pas poser …aujourd'hui, j'appécie encore plus...
De la table de matières: ...
Allumage des feux 11
Apprentissages 19
Compagnonnages 43
Maîtrises 53
Solsticiales: L’été 61,  L’hiver 97
Enquêtes et bandeaux 133
Affiliations 145
Instructions 149
Pierres taillées en chemin 159


​ Disponible au ​[email protected] ou [email protected]
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LE RITE FRANÇAIS EN 12 FICHES

28/11/2022

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Planche présentée le vendredi 25 novembre 2022 aux RR LL Mozart et Voltaire, Phoenix et Le Labyrinthe
…
J’ai l’intention de vous présenter ce que je considère comme l’essentiel du Rite Français sous la forme de douze fiches. Chacune d’elle résume un aspect du Rite : son histoire, sa symbolique, ses spécificités, son état d’esprit.

Il va de soi que ces fiches n’épuisent pas le sujet mais la relative brièveté de mon propos vous permettra de soulever les questions qui vous tiennent à cœur et auxquelles je ferai de mon mieux pour vous répondre.
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Commençons par relever que le Rite Français est le Rite majoritaire en France et en Belgique. On le trouve dans de nombreuses Obédiences telles que le Grand Orient de France qui en est le dépositaire, mais aussi à la Grande Loge Mixte de France, à la Grande Loge Nationale Française, au Grand Orient de Belgique, à la Grande Loge de Belgique. Il est aussi présent dans des Obédiences du Brésil et au Grand Orient de Roumanie, et dans plusieurs pays africains.
En Suisse, il n’en va pas du tout de même. Sur les 137 Loges maçonniques des 5 Obédiences nationales, 6 seulement travaillent au Rite Français : deux à la Grande Loge Suisse Alpina (une à Genève et une à Zurich), une à la Grande Loge Mixte de Suisse (à Genève) et trois au Grand Orient de Suisse (deux à Genève : Mozart et Voltaire et Le Labyrinthe, et une à Clarens : Phoenix). Ajoutons que des Loges d’obédiences étrangères mais établies à Genève comme La Fraternité (GODF), L’Amitié (Lithos CL) ou Equilibre et Prospective (GLMF).
Ce Rite est inconnu dans les pays anglo-saxons, dans les pays germaniques et dans les pays scandinaves.

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Durant la première moitié du 18e siècle, en Angleterre où elle est née, la Franc-Maçonnerie ne connaissait qu’un seul Rite. Il ne portait aucun nom puisqu’il était le seul.

A partir de 1754, des Maçons irlandais émigrant en Angleterre, sous l’impulsion de Laurence Dermott, y importent leur propre Rite. Il diffère à plusieurs égards du Rite pratiqué en Angleterre : inversion des colonnes, des Surveillants, des mots sacrés, mais aussi distinction entre de grandes et petites lumières, les grandes étant la Bible, l’équerre et le compas et les petites, les piliers sagesse, force et beauté.
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Le Rite anglais ne comptait que trois lumières : le soleil, la lune et le maître en chaire, représentés par les trois piliers positionnés aux angles nord-est, sud-est et sud-ouest alors qu’au Rite importé d’Irlande, les piliers sont disposés aux angles sud-est, sous-ouest et nord-ouest. La première disposition est de type héliocentrique, la seconde de type géocentrique. En outre, le Rite importé d’Irlande s’avère nettement plus religieux notamment par la présence de plusieurs prières et la prééminence de la Bible considérée comme la plus importante des trois grandes lumières.

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Par dérision, les Maçons souchés sur le Rite d’origine irlandaise qualifieront la Maçonnerie anglaise, pourtant antérieure à la leur, de « moderne » et la leur d’« ancienne », C’est ainsi que de 1754 et 1813, deux Rites (et donc deux Obédiences) seront dans une situation conflictuelle. Sans même caricaturer, on peut considérer cette dualité comme assez similaire à plusieurs égards à celle qui sépare la Maçonnerie « régulière » de la Maçonnerie « libérale ».  Par leurs rituels, les « Ancients » à cette époque, correspondaient, dans une certaine mesure, aux « réguliers » d’aujourd’hui et les « Moderns » aux « libéraux ». Mais comparaison n’est pas raison. En tous cas, il n’existait aucune relation entre ces deux courants maçonniques et leur conflit - souvent très âpre - a duré près de soixante ans jusqu’à la fondation en 1813 de la Grande Loge Unie d’Angleterre qui a vu la - en Angleterre - disparition des « Moderns » et la victoire des « Ancients ». 

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Il faut préciser, et c’est très important pour bien comprendre la suite des événements, que des Maçons anglais, antérieurement à l’arrivée des « Ancients » en 1754, avaient émigré en France où ils pratiquaient le Rite maçonnique d’origine, c’est-dire celui des « Moderns ». Les successeurs de ces Maçons émigrés qui sont à la base de la Maçonnerie française, ont continué à pratique ce Rite « Moderne » qui est le Rite original de la Franc-Maçonnerie, antérieur d’un demi-siècle au Rite dit des « Ancients ». Nous y reviendrons. Le Rite Français est donc le Rite les plus conforme à celui de la première moitié du 18e siècle en Angleterre et ne doit son nom qu’au seul fait de sa disparition en Angleterre en 1813 et de son maintien en France par des Maçons Anglais émigrés établis à Paris et dans d’autres grandes villes françaises.

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Restons encore un peu en Angleterre où la Maçonnerie se déchire donc entre le courant d’origine appelé « Rite des Moderns » et le courant plus récent appelé « Rite des Ancients ».

Ce conflit durera 60 ans, de 1754 à 1813.
Avant 1813, le prince Augustus Frederick Duc de Sussex (1773-1843), était Grand Maître des « Moderns » et son frère, le Prince Edward Duc de Kent (1767-1820) était Grand Maître des « Ancients ».
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En 1813, c’est le Duc de Sussex qui devient le premier Grand Maître de l’Obédience résultant de l’union des « Moderns » et des « Ancients » sous l’appellation de Grande Loge Unie d’Angleterre mais le Rite Emulation (fixé en 1823) et qui est issu de cette union est inspiré essentiellement du Rite des "Ancients". Le Rite des « Moderns » a dès lors totalement disparu en Angleterre. En revanche,  il demeure en usage en France où il avait été instruit et traduit par des émigrés anglais. Dès lors, en France (et en Belgique) ce Rite des « Moderns » prend le nom de Rite Moderne ou Rite Français. 

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Les Rites maçonniques ultérieurs seront constitués sur la base du courant des « Moderns » ou sur la base du courant des « Ancients ».
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Ainsi dérivent des « Ancients »: le Rite Emulation, le Rite d’York, le Rite Ecossais Ancien et Accepté et le Rite de Memphis-Misraïm tandis que dérivent des « Moderns »: le Rite Ecossais Rectifié, le Rite de Schröder ainsi que toutes les variantes du Rite Français.
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Le Rite Français tel que nous le connaissons aujourd’hui est donc le Rite le plus proche du Rite maçonnique des origines, même s’il s’est enrichi (nous reviendrons à la Fiche 10 sur ce concept très discutable d’enrichissement).
 
Parmi les caractéristiques du Rite Français nous relevons l’emplacement des colonnes J à gauche en entrant et B à droite, les deux Surveillants placés à l’Occident : le Premier Surveillant au pied de la colonne B et le Deuxième au pied de la colonne J. Le mot sacré du premier degré est Jakin et celui du deuxième degré est Boaz. Contrairement au Rite écossais Ancien et Accepté qui n’a pas de mot de passe au premier degré (considérant que le profane vient du monde profane et ne dispose donc pas d’un mot de passe) le Rite Français a Tubalcain au premier degré. C’était le cas, très brièvement du Rite Ecossais Rectifié mais pour une raison que nous ignorons, son fondateur, Jean-Baptiste Willermoz, l’a remplacé par Phaleg.

Le Rite Français de référence, tel qu’il a été fixé par le GODF (la dernière version date de 2018) a rendu facultatifs la présence du tableau de Loge et des trois piliers mais impose, s’ils sont présents, leur positionnement NE, SE et SO. Ce positionnement, qui est celui de la Maçonnerie des origines, n’existe qu’au Rite Français.
​
Contrairement aux Rites anglo-saxons et au Rite Ecossais Rectifié, le Rite Français, à l’instar du REAA a recours au cabinet de réflexion avec les symboles qui s’y réfèrent dont le soufre et le sel, emblèmes de la mort se référant à la destruction de Sodome et Gomorrhe et non à la triade alchimique sel, soufre et mercure qui est une création de Maçons occultistes comme l’est aussi l’introduction du VITRIOL que nos prédécesseurs ignoraient. En revanche, parmi les inscriptions, la devise Vigilance et Persévérance est une spécificité du Rite Français mais elle sera empruntée plus tard par d’autres Rites.

Les épreuves par les éléments au cours des trois voyages du premier degré est une référence à la terasomia d’Empédocle d’Agrégeante. Elles sont inexistantes aux Rites anglo-saxons et le Rite Ecossais Rectifié procède au voyage par la terre au troisième voyage mais ignore l’épreuve de l’air conformément aux « principes spiritueux » de Martinès de Pasqually l’une des sources, avec la Stricte Observance Templière, de ce Rite.
​
La marche du Rite Français, comme du Rite Rectifié et du Rite de Memphis-Misraïm s’exécute en partant du pied droit.

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Le Rite Français ne distingue pas grandes et petites lumières. Il existe trois lumières, ni grandes, ni petites, à savoir : le soleil, la lune et le Maître en chaire, respectivement pour éclairer le jour, la nuit et la Loge.
 
La sagesse, la force et la beauté ne sont pas des lumières au Rite Français mais des piliers qui soutiennent la Loge et qui n’ont pas d’existence physique. Les trois candélabres ne représentent donc pas la sagesse, la force et la beauté mais le soleil, la lune et le Maître de la Loge.
 
La Bible, l’équerre et le compas ne constituent pas un ternaire au Rite Français. 

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La Bible n'était présente au 18e siècle que pour la prestation de serment - comme dans les tribunaux américains - mais non comme lumière et encore moins comme « grande » lumière ! Quant à l’équerre, elle était brodée sur un coussin où l’impétrant posait un genou dénudé tandis qu’il tenait le compas ouvert contre le sein gauche lui aussi dénudé. Bible, équerre et compas n’étaient donc pas associés.

​Par la suite on a pris l’habitude, sous l’influence d’autres Rites, d’associer l’équerre et le compas à un livre blanc ou aux Constitutions de l’Obédience ou, plus rarement, à la règle. Mais pas à la Bible. En effet, celle-ci se réfère à une vérité révélée qui n’a pas sa place dans une Franc-Maçonnerie qui revendique la liberté absolue de conscience. Relevons que les Loges au Rite Français de la Grande Loge Nationale Française qui s’inscrit bien entendu dans la dépendance de la Grande Loge Unie d’Angleterre ont réintroduit la Bible comme ce qu’elle comme étant la principale des « trois grandes lumières ».

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Deux éléments « centraux » dans le Rite Français, on l’a relevé, sont devenus facultatifs, comme le précise le « Rituel de Référence ». Il s’agit du tableau de Loge et des trois candélabres mais, on l’a aussi signalé, s’ils sont présents, ils doivent correspondre au Rite Français.  Des Maçons d’autres Rites s’étonnent souvent de cette absence dans beaucoup de Loges du Rite Français.
 
On peut l’expliquer aisément. Pour le tableau de Loge premièrement, les Loges d’aujourd’hui disposent d’un matériel visible contrairement aux salles d’auberges à l’aube de la Maçonnerie. On y trouve toute la symbolique des grades dans l’espace du Temple : soleil, lune, voûte étoilée, colonnes J et B, pierre brute, pierre cubique, marches, etc. Le tableau central peut donc être considéré à juste titre comme un doublon. 

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Deuxièmement, les trois piliers porteurs de bougies au Rite Français ne correspondent pas aux concepts de sagesse, force et beauté contrairement aux autres Rites, mais aux trois lumières, à savoir le soleil, la lune et le maître en chaire.
 
On ne le répétera jamais assez : dans la Maçonnerie d’origine, c’est-à-dire celle des « Moderns » (et le Rite Français, historiquement, est le plus ancien Rite maçonnique comme on l’a souligné), on ne connaît pas de grandes et de petites lumières mais seulement trois lumières représentées par les bougies des angles NE, SE et SO de la Loge.

​Les concepts de sagesse, force et beauté ne sont donc pas des lumières au Rite Français. 

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Tous les Rites évoluent au fil des siècles.

Cette évolution n’est presque jamais soustractive. A quelques exceptions près on ne simplifie pas un Rite, mais on le complexifie par l’ajout d’éléments empruntés au fil du temps à d’autres Rites. C’est indiscutablement l’immense extension géographique du REAA depuis sa fondation en 1804, qui a exercé la plus grande influence sur d’autres Rites qui lui ont fait des emprunts parfois dommageables, parfois peu significatifs. On considère souvent ces emprunts sous un regard très critique et il n’est pas rare d’entendre parler de contamination. Concernant le Rite Français, elle est particulièrement significative dans la version de ce Rite en usage en Belgique. Mais en France aussi, au fil du temps, le Rite Français a subi de nombreuses variantes voire des altérations, cependant suivies d’un retour considéré comme salutaire. 

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La version originelle du Rite est due à Alexandre Louis Roëttiers de Montaleau sur la base des rituels pratiqués par les premiers Maçons établis en France comme émigrés anglais. Il importait de fixer des rituels communs à toutes les Loges d’autant plus que la Maçonnerie Française disposait dès 1773 du Grand Orient de France comme organe fédérateur issu d’une première « Grande Loge de France ».  Les rituels des trois degrés sont fixés par ce que l’on appelle le « Régulateur du Maçon ». Les Loges du GODF reçoivent des copies manuscrites de ces rituels qui seront imprimés en 1802. Ce régulateur du Maçon est le Rite de référence.

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Par la suite, des variantes apparaîtront sous le nom de Murat et de Blattin, mais surtout de Louis Amiable, avocat et membre du Conseil de l’Ordre du GODF qui rédige une version positiviste en accord avec les courants scientistes de la fin du 19e siècle.

​Beaucoup d’éléments symboliques passent à la trappe et les Loges ressemblent beaucoup à des sociétés de pensée laïque et anticléricale si bien des Frères quittent alors le GODF pour rejoindre la Grande Loge de France qui ne pratique quant à elle que le REAA. 

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Face à ce qui risquait de devenir une hémorragie, et désireux de revenir à une dimension plus respectueuse de la symbolique maçonnique, le GODF, deux ans avant la Deuxième Guerre Mondiale, adopte la version du Grand Maître Arthur Groussier qui sera amendée en 1954 et qui deviendra le Rite Français de référence. Nous en sommes aujourd’hui à la version 2018.

A la fin des années soixante, sous l’impulsion du Frère René Guilly, des Loges du GODF adoptent le Rite Français tel qu’il figure ans le Régulateur de 1785 et ce Rite des origines, réanimé, prend le nom de Rite Français Rétabli ou Rite Français de Tradition. Il existe donc schématiquement trois Rites Français aujourd’hui: le Rite Français Groussier (Rite officiel du GODF) pratiqué par la majorité des Obédiences françaises, le Rite français Rétabli ou de Tradition et enfin le Rite Français belge (appelé Rite Moderne) en usage au GODB et à la GLB.

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De nombreux ouvrages maçonniques ont été rédigé par des Maçons occultistes dans la première moitié du 20e siècle. Ils contiennent beaucoup d’interprétations erronées et fantaisistes, souvent axées sur un ésotérisme de pacotille et sur une lecture fantaisiste propre aux historiens amateurs qui n’ont aucune formation en matière de critique historique mais qui assènent avec l’aplomb des incultes des contre-vérités qui ont eu un impact dommageable sur plusieurs générations. Ainsi Oswald Wirth et Jules Boucher. Il convient donc de se pencher préférentiellement sur les ouvrages d’auteurs sérieux au bénéfice d’une formation intellectuelle solide.

​Pour ce qui concerne le Rite Français, on peut citer parmi les auteurs les plus qualifiés Ludovic Marcos, Pierre Mollier, Cécile Revauger, Alain Bauer et Roger Dachez.

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Tous ont mis en lumière la spécificité du Rite Français et c’est sans doute Ludovic Marcos qui en a le plus clairement résumé l’esprit en ces termes : « le Rite Français ne vise pas la révélation, mais l’émancipation ».
 
Le Rite Français résulte en effet dans la droite ligne du Siècle des Lumières au sens français du terme, ce qui est très différent de l’Enlightenment anglo-saxon et de l’Aufklärung germanique. Il est laïc, il est humaniste, il est progressiste et républicain en ce sens qu’il ne reconnaît pas la sacralité des titres et des fonctions. Il respecte toutes les conceptions métaphysiques mais n’en proclame aucune. Il ne connaît aucun « Livre sacré ». Il ne connaît aucun dogme. Le concept de révélation est exclu de la Loge et les prières en sont bannies contrairement aux Rites issus des « Ancients ».
 
Pour le Maçon du Rite Français, toute activité maçonnique s’enracine dans l’émancipation de ses membres avec pour seul moyen d’y parvenir la liberté absolue de conscience.
 
Le Rite Français est par excellence celui qui convient le mieux à un Maçon progressiste, laïc, humaniste, et républicain. Il existe d’autres Rites qui correspondent mieux à des Maçons qui se situent dans une perspective religieuse ou dans une perspective de type occultiste. Mais, à l’exception du Rite Français en usage dans des Obédiences inféodées à la Grande Loge Unie d’Angleterre, comme la Grande Loge Nationale Française ou la Grande Loge Suisse Alpina, le Rite Français est, par sa nature même, éloigné de toute référence religieuse. Il est aussi éloigné de toute référence occultiste.
 
On peut considérer qu’une Maçonnerie de type anglo-saxon (Rite Emulation et Rite d’York principalement), qui ignore tout de la pratique des planches en Loge (d’où l’inexistence du plateau d’orateur) est une société hautement ritualisée qui n’exécute que ce que l’on appelle dans les Eglises un « liturgie » et où il ne peut pas exister de discussion autour d’un thème, de quelque nature qu’il soit.
 
Les Rites qui nous sont plus familiers comme les Rites Français, Ecossais Rectifié, Ecossais Ancien et Accepté, Memphis-Misraïm, Ruchon ou Schröder, correspondent davantage au concept de société de pensée dans un contexte ritualisé. Le Rite Français est celui qui, considéré dans une perspective historique, répond sans doute le mieux à l’état d’esprit de la Maçonnerie des Lumières au sens français du terme davantage qu’au sens de l’Enlightenment anglais ou de l’Aufklärung allemand.
 
L’article premier de la Constitution du Grand Orient de France (Obédience cependant multirites) résume parfaitement cet esprit des Lumières.
Je cite :
« Institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, la Franc-Maçonnerie a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité.
 
Elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité.
Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience.
Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique.
Elle attache une importance fondamentale à la Laïcité.
La Franc-Maçonnerie a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité. »

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Dès que l’on parle de Rite, on pense à l’ensemble des degrés qui le constituent, à l’exception - pour ce qui concerne la Suisse- de deux Rites : le Rite Ruchon fixé à Genève en 1936 et le Rite de Schröder fixé à Hambourg en 1811. On ajoutera que le Rite de Schröder, majoritaire dans les pays de langue allemande, avait été conçu en réaction contre la prolifération des hauts grades.
 
Le Rite ou Régime Ecossais Rectifié codifié en 1783 au Convent de Willelmsbad, compte trois degrés bleus et trois degrés supérieurs.
Le Rite Ecossais Ancien et Accepté fondé à Charleston en 1801 compte 33 degrés soit 30 degrés au-delà des degrés bleus.
 
Au Rite de Memphis-Misraïm, établi dans sa forme actuelle en 1961 par Robert Ambelain, tous les records sont battus avec un total de 98 degrés dont 85 sont donnés par communication.
 
Le Rite Français, outre les trois degrés de la Maçonnerie bleue, comporte quatre « Ordres de Sagesse » fixés en 1785 sous l’impulsion d’Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau. Ces Ordres de Sagesse, jadis appelés Ordres Supérieurs, sont numérotés comme suit : 1er Ordre ou Elu Secret, 2e Ordre ou Grand Elu Ecossais, 3e Ordre ou Chevalier d’Orient et 4e Ordre ou Souverain Prince Rose-Croix.
 
Dans chacun des Rites pourvus de degrés au-delà du degré de Maître, on relève une étanchéité absolue entre les degrés bleus et les degrés suivants. Au Rite de Schröder et au Rite Ruchon, il n’y a d’autres degrés que ceux d’Apprenti, de Compagnon et de Maître. Cependant, les Maçons de ces Rites, comme tous ceux de n’importe quel autre Rite maçonnique sont libres d’adhérer à un système de hauts grades (appelés « side degrees » ou « degrés annexes » en Grande-Bretagne) différent de celui des degrés bleus qu’ils pratiquent.
 
Jacques Herman
 
 
 
Définition de la Franc-Maçonnerie par Georges Serignac, Grand Maître du Grand Orient de France
 in:  « L’Humanité » 28 octobre 2022
 
La franc-maçonnerie est un objet complexe qui agrège plusieurs éléments apparemment éloignés. C’est un espace de liberté d’expression, un lieu de réflexion, de construction de la pensée, qui utilise une méthode particulière, certes initiatique, mais surtout faite d’écoute, d’échange, de respect de la parole de l’autre.
C’est aussi un lieu de convivialité, de sociabilité, dont l’un des piliers fondateurs est la solidarité. Toutes ces dimensions se mettent au service de valeurs nées des Lumières au XVIIIe siècle, qui substituent la raison à la croyance, et seront source un siècle plus tard de la liberté absolue de conscience, et, finalement de l’idée républicaine avec « Liberté, Égalité, Fraternité », la devise commune à la République et au Grand Orient de France.


​Bibliographie sommaire

Roger Dachez, L’invention de la Franc-Maçonnerie, Ed. Vega, 2008
Ludovic Marcos, Histoire du Rite Français au XVIIIe siècle, Editions Maçonniques de France, 2017
Ludovic Marcos, Histoire du Rite Français au XIXe siècle, Editions Maçonniques de France, 2016
Alain Bauer et Gérard Meyer, Le Rite Français, Que Sais-Je? N°3018, PUF, 2012
Roger Dachez, Histoire de la Franc-Maçonnerie Française, Que Sais-Je? N°3068, PUF, 2011
Alain Bauer et Pierre Mollier, Le Grand Orient de France, Que Sais-Je? N°3607, PUF, 2012
Guy Chassagnard, Le Memento de l’Apprenti Franc-Maçon au Rite Français, Ed. Segnat, 2019
David Stevenson, The Origins of Freemasonry, Cambridge University Press, 2010
Ludovic Marcos, Histoire Illustrée du Rite Français, Dervy, 2012
Maurice Bouchard et Philippe Michel, Rit Français d’origine 1785, Dervy, 2017
Alain Mucchielli, Vade-Mecum du Rite Français, Ed. de la Tarente, 2019
Cécile Révauger et Ludovic Marcos, Les Ordres de Sagesse du Rite Français, Dervy, 2015
Pierre Mollier, Le Régulateur du Maçon, Dervy, 2018
Pierre Mollier, Les Hauts Grades du Rite Français, Dervy, 2018

Voir aussi l'essai  "De la diversité des Rites" et dans la rubrique TRÉSOR DES PLANCHES, le projet "TUILEUR  comparatif pour l’instruction au 1er degré", du meme auteur. 
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Communiqué du Suprême Conseil du Rite Moderne pour la Suisse

20/6/2022

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Christophe Habas PTRGM du GODF, Membre d'honneur du GOS, est parti vers l'Orient Eternel ce 27 mai 2022

16/5/2022

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Christophe Habas Le Figaro fr
Christophe Habas, Passé Grand Maître du Grand Orient de France, en 2016-2017, est passé à l'Orient Éternel hier soir.

Christophe était un ami du Grand Orient de Suisse, et aussi mon ami. Les mots semblent bien vains face à l'implacable réalité.

Un lien naturel et immédiat s'est créé dès la première heure de ma grande maîtrise puisque nous avons été élus Grands Maîtres à 3 mois d'intervalle seulement, en 2016. Ce lien n'a cessé de se renforcer au fil des années.

En 2016, grâce au GOS et au dynamisme de son Grand Chancelier, Christophe Habas avait été heureux de pouvoir rencontrer Jérôme Clément alors président de l'Alliance française. Nous avions partagé des échanges délicieux, sur la défense de la défense de la langue française, les valeurs des Lumières, et leur diffusion dans le monde. Christophe voulait que la Franc-maçonnerie s'engage sur plusieurs chantiers, le culturel n'étant pas des moindres. 

En 2017, des FF:. Et des SS:. Balois souhaitant créer une Loge mixte à dimension européenne, par le choix des sujets, la diversité des langues, et l'origine des membres, Bâle étant au carrefour entre la Suisse, la France et l'Allemagne, j'ai contacté Christophe Habas pour lui parler de ce projet qui l'a immédiatement enthousiasmé. Il aimait les idées nouvelles, celles qui rassemblent au delà des frontières et des préjugés, c'était un universaliste convaincu. C'est ainsi que le 2 juillet 2017, Christophe a allumé les feux de ce nouvel atelier du Grand Orient de France, à l'identité et aux origines bien particulières. J'y représentais le Grand Orient de Suisse qui parainait cette création, et dont le premier Vénérable Maître était lui même un professeur de philosophie. Christophe était tellement joyeux, enjoué, positif, sur l'idéal européen, et sur le combat que nous devions mener contre le repli sur soi, le matérialisme, et la course au profit qui écrase implacablement l'humain. Il croyait en une autre Europe, et la Franc-maçonnerie devait y jouer un rôle clef en "recolonisant l'imaginaire". La loge Erasmus était née... 

Il nous a honoré de sa présence à plusieurs convents, en particulier le dernier que j'ai présidé en 2019, convent où il est devenu membre d'honneur du Grand Orient de Suisse. C'est le seul à avoir reçu cette marque de considération et d'affection de la part de notre obédience depuis 10 ans.

Christophe Habas nous a aussi honorés de deux conférences à Genève.

Le 1er Avril 2017, sur le transhumanisme, un de ses sujets favoris. Lui qui nous parlait avec tant de passion et d'érudition de ce vieux rêve de vie éternelle, comme s'il savait que son existence serait un jour écourtée...

En 2018, j'avais, aux côtés de Guy Haarscher et Christophe Calame, été conférencier avec Christophe Habas lors d'une croisière maçonnique et philosophique. Partager toute une semaine à quatre, a été l'occasion de conversations passionnantes, sur la nature de notre identité et de notre engagement, mais aussi sur la spiritualité. Les échanges qui nous ont animés nous quatre, nous ont littéralement enivrés. Ivresse d'une complicité partagée, d'un enrichissement mutuel, d'un échange en toute simplicité, spontanéité, comme on peut le vivre trop rarement dans une existence.

Le 10 novembre 2019 pour la clôture de notre convent, il nous fît l'honneur de partager avec moi une conférence publique sur l'intelligence artificielle, lui qui brillait par son intelligence naturelle et qui ce matin-là, inoubliable, a ébloui le Grand Temple de Genève bondé comme jamais. 

Enfin, pendant le confinement, à la demande de nos frères portuguais, nous avons donné une conférence en direct sur youtube avec pour thème l'intelligence artificielle, Christophe développant depuis Paris un prisme scientifique, et moi depuis Lausanne une perspective philosophique, tout cela pour égayer l'isolement de nos frères lusitaniens, en traduction simultanée. 

Je me souviendrai aussi des visites partagées de vestiges, qu'il commentait avec passion car il était passionné d'archéologie et aimait donner une âme aux vieilles pierres. Je me souviendrai aussi de conversations animées autour d'un café à Genève et Paris sur les arcanes du cerveau, et ses mystères... Passionnant!

Je me souviendrai de moments bien doux en Espagne, car il affectionnait tout particulièrement, comme moi ces ateliers qui avaient choisi une maçonnerie faite d'action et pas seulement de méditation, une maçonnerie qui défend les Droits Humains, la laïcité, la lutte contre les totalitarismes.

Je me souviendrai de son grand bureau à l'Hôpital des quinze vingt où il me recevait parfois pour boire un café et où il me faisait partager son univers de recherche empreint de curiosité infinie et d'humilité devant les mystères de la nature... 
 
Je me souviendrai de ses conseils de lecture, des ouvrages d'Alain Berthoz, notamment.

Je me souviendrai de son sourire, de son regard pétillant, de sa naturelle bonté.

Le Grand Orient de Suisse vient de perdre un des ses membres les plus emblématiques de ce que représente la Suisse, et la franc-maçonnerie en Suisse, être sans jamais vouloir paraître. 

La Franc-maçonnerie universelle vient de perdre un de ses membres les plus emblématiques de ce que représente le parcours initiatique, être pétri de curiosité, d'écoute, d'aspiration à l'idéal.

Et moi, je viens de perdre un des êtres pour lequel je puis remercier l'existence, pour peu que cela ait du sens, d'avoir eu l'opportunité d'être un de ses compagnons de route, même pour un bref moment, bien trop bref, mais si précieux. 

Antonio Machado disait qu'il n'y pas de chemin, que le chemin se trace en marchant. Mais la route est tellement plus belle lorsqu'on a comme compagnons de voyage des êtres aussi lumineux que toi mon frère, mon ami ! 

Tu m'écrivais la semaine dernière encore, que tu seras bientôt admis aux soins palliatifs. Qu’on ne peut plus rien contre ton cancer, que tes traces seraient uniquement scientifiques et dans quelques articles du Grand Orient de France. Comme toujours tes paroles étaient pétries d'humilité. Je t'ai répondu que tu serais aussi présent dans nos cœurs pour toujours. 

​Oui pour toujours, car tu nous auras rendus meilleurs, tout simplement. Une des grandes énigmes qui t'habitaient était le paradoxe entre l'absence de croyance en Dieu, et ton goût pour la spiritualité. Nous avions un projet d'écriture en commun qui allait aborder ce sujet. Ne nous quitte pas avec un sentiment d'inachevé, car comme tu le sais l'œuvre n'est jamais achevée et fait l'objet d'une transmission qui défie le temps.

L'être échappe au périr s'il a un jour aimé.
 
Alexandre Rauzy

​Un ami vient de m’écrire… 

16 mai 2022
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Un ami vient de m’écrire qu’il sera bientôt admis aux soins palliatifs. Qu’on ne peut plus rien contre son cancer. Mon ami, vous ne le connaissez pas, peut-être, mais il pourrait être le vôtre. Ou il pourrait être vous. Comme il pourrait être moi.
 
On sait tous qu’on va partir un jour. On en a du moins une conscience vague. Mais la mort, c’est comme la guerre, plus on la sent loin, moins on se sent concerné. Cette existence va s’arrêter un jour, son existence, celle de mon ami, la mienne, la vôtre, la nôtre...Comme on clôt un roman. Pire comme si on nous le fermait brutalement... Ou bien comme si une panne de courant interrompait le film de notre vie, sans générique de fin, sans l’opportunité d’un dénouement, sans chute, si ce n’est la nôtre...
 
Je n’ai pas demandé à vivre, je n’ai pas demandé à mourir non plus. On m’a offert une existence que je ne réclamais pas, et sitôt que j’y prend goût, on me la retire. Oui la vie est tragique parce que la seule liberté qui soit mienne est de vivre l’instant présent comme si c’était le dernier. De lui donner sens, pour ne pas que, comble de l’absurde, cette vie offerte, on ne sait par qui, on ne sait pourquoi, soit gâchée.
 
Le présent est un joyau, mais cette conscience si importante est trop souvent balayée par l’insouciance. Nous ne sommes que des enfants, et c’est peut-être mieux ainsi finalement car cette insouciance nous fait oublier la contingence de l’être.
 
Et mon ami dans tout ça ? Une intelligence brillante, une culture fascinante, une bonté d’âme admirable, une humilité sans pareille. Tant de qualités humaines, qui m’ont fait m’égarer à le croire immortel. On cherche toujours une logique dans la vie. Les méchants meurent à la fin des films, et le bien est ainsi victorieux sur le mal. Les héros survivent. Et mon ami est un des héros que j’ai la chance de connaître dans ce grand et mystérieux labyrinthe, ou dédale selon les perspectives, de mon existence…
 
Alors pourquoi lui ? Pourquoi si tôt ? Et que faire si ce n’est lui dire que je tiens à lui et que je ne l’oublierai jamais, tant que ma propre vie durera bien sûr. Il est des êtres tellement lumineux que lorsqu’ils disparaissent ils laissent une part de lumière chez ceux qui ont eu la chance de les rencontrer. On ne cesse de transmettre sans le vouloir même, sans leçon ni tableau, juste en étant soi, tout simplement, pour peu qu’on soit paré de qualités humaines.
 
Merci l’ami, merci mon frère, d’être ce que tu es. La seule pensée que tu sois encore là, la seule pensée de ce que tu m’as transmis, en toute pudeur et sans même en avoir conscience, devrait me réjouir. Et pourtant, pas suffisamment pour retenir mes larmes.
Les mots de Gaston Berger raisonnent en moi. Le philosophe disait qu’accompagner un ami mourant est une épreuve de solitude. Pour l’ami et pour nous. J’ai beau tenir la main de mon ami qui va mourir, je ne suis pas à sa place. Et je souffre tout autant de sa disparition prochaine que de mon impuissance à partager sa souffrance. « On meurt comme on est né, tout seul ».
 
« Il pleut dans mon cœur comme il pleut sur la ville » disait le poète, et mes larmes à l’heure où j’écris sont le prix de l’amour. Car s’attacher, c’est s’exposer à souffrir, et être détaché non pas de tout, qui est un signe de sagesse, mais de tous, c’est perdre l’humanité qui nous rend beaux et lumineux comme l’est et le sera à jamais mon ami, dans les arcanes de ma conscience et de mon cœur.
 
Bon, cela m’a fait du bien d’écrire ces quelques lignes, mes amis, mes larmes ont séché, vous savez ces larmes qui ravinent sur nos joues d’enfant et qui salent nos lèvres ? On y goûte l’amertume de la vie et la valeur du lien…
 
Alexandre Rauzy
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Fidéliser les Sœurs et les Frères en Loge

9/3/2022

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Vous avez dit Gnose ? Quelle Gnose pour nous, maçons ?

16/2/2022

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Gnose et gnosticismes

Fabrizio Frigerio
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Vendimian of Bythinia receiving the Knowledge 985 Bibl Vaticane DP Wikipedia
​La Gnose est explicitement évoquée comme faisant partie du patrimoine maçonnique, en commençant par un moment central du rituel de passage au deuxième degré.

Le mot lui-même n’est pas défini, la chose qu’il désigne non plus, mais le Franc-Maçon est censé, à partir d’un certain stade de son évolution initiatique, en avoir fait l’expérience, en avoir la connaissance.

En fait, que signifie ce mot de « gnose », que désigne-t-il exactement ?

Il s’agit d’un terme, utilisé tant en philosophie qu’en histoire des religions, qui vient    du grec
« gnôsis », il est traduit par « connaissance ». Mais de quelle connaissance s’agit-il ?

La langue grecque a un autre mot, dont la traduction française est aussi « connaissance » :
« épistème ». Entre ces deux mots, traduits de la même manière, il y a cependant une différence importante, qui ne peut être rendue en français qu’en leur accolant un adjectif qualificatif, ainsi on dira   qu’ « épistème »  est   la   connaissance   scientifique,   tandis que
« gnôsis » est la connaissance de dieu, à laquelle aspire l’initié.
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Dieu, qui veut se faire connaître par celui qu’il juge digne d’une telle connaissance... Michelangelo, La création d'Adam, 1511 Chap. Sixtine Vatican
​Entre ces deux types de connaissance la différence ne réside pas seulement dans l’objet de leurs investigations, mais aussi dans la méthode de leurs démarches.

La connaissance scientifique (« épistème ») s’effectue par déduction, d’après une méthode empirique d’approches successives, selon un processus continu et répété d’essais et de correction des erreurs que ces essais mettent en évidence.

La connaissance de dieu (« gnôsis ») ne s’effectue pas de la même manière. Il s’agit d’un processus double, qui implique d’un côté l’initié, lequel aspire à connaître dieu, et de l’autre côté dieu, qui veut se faire connaître par celui qu’il juge digne d’une telle connaissance.

Dans la connaissance scientifique la chose qu’on veut connaître appartient à la nature, et en tant que telle est passive, elle ne peut qu’attendre d’être connue ; dans la connaissance de dieu l’objet de connaissance est à l’origine du sujet qui aspire à sa connaissance, il ne peut donc être connu que si à son tour il désire lui-même se faire connaître. Ce n’est donc pas un objet mais un autre sujet, c’est même le sujet par excellence.

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Motifs qui poussent certains Frères à la demission...

25/1/2022

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