Dans les lignes qui suivent, je souhaite revenir à la question de la pluralité, tout en précisant que la pluralité n’est pas la mixité. Dans une Obédience plurielle, les Loges peuvent être – à leur choix - masculines, féminines ou mixte, alors que la mixité implique que toutes les Loges constitutives d’un Obédiences sont obligatoirement mixtes.
Une Obédience féminine est composée de Loges qui ne reçoivent comme membres que des femmes, cependant, sauf précision dans le calendrier des Tenues, reçoivent des hommes en qualité de visiteurs.
Une Obédience mixte, par définition, reçoit des hommes et des femmes en qualité de membres.
- La Grande Loge Suisse Alpina, exclusivement masculine et qui ne reçoit pas de Sœurs en visite. Ses Loges ne reçoivent en visite en outre que des frères « réguliers ».
- Le Grand Orient de Suisse dont les Loges sont toutes masculines mais dont plusieurs acceptent des Sœurs et des Frères en visite y compris des Frères « réguliers » sans réciprocité.
- Le Droit Humain, Obédience dont, par définition, toutes les Loges sont obligatoirement mixtes et qui reçoivent en visiteurs des Frères et Sœurs de toutes Obédiences.
- La Grande Loge Mixte de Suisse qui répond aux mêmes critères que le Droit Humain.
- La Grande Loge Féminine de Suisse, exclusivement féminine mais qui accepte des Frères en visite à l’exception de « Tenues réservées au Sœurs » selon le calendrier des Loges.
En Belgique et en France, le Grand Orient est pluriel et les Loges mixtes y sont aussi de plus en plus nombreuses.
En Roumanie, le Grand Orient (MOAR) est une Obédience plurielle mais l’immense majorité des Loges qui le constituent sont mixtes.
En Grande-Bretagne, en Allemagne, en Autriche et dans les pays scandinaves les Obédiences libérales sont souvent mixtes mais elles sont très nettement minoritaires dans ces pays. En revanche les Obédiences « régulières » sont exclusivement masculines et les Obédiences féminines, relevant pourtant du courant libéral sont, quant à elles, exclusivement féminines.
La Grande Loge Unie d’Angleterre qui est exclusivement masculine et ne reçoit en visite aucun Maçon libéral et a fortiori aucune Sœur, a récemment reconnu officiellement la qualité maçonnique de la Grande Loge Féminine sans pour autant autoriser ses membres à se rendre en visite dans les loges qui la composent et, a fortiori, sans accueillir des Sœurs en visite.
Dans les autres pays européens, les Obédiences dépendant de la Grande Loge Unie d’Angleterre observent le même positionnement.
La pluralité permet aux Loges individuelles d’opter pour la mixité ou non. Ceci dit, et par définition, les Obédiences féminines ne peuvent pas opter pour la pluralité (et a fortiori pour la mixité) sans déroger à leur titre distinctif à moins de changer d’appellation. De même, une Grande Loge mixte (comme la Grande Loge Mixte de Suisse ou la Grande Loge Mixte de France) à moins de changer d’appellation, ne peuvent pas être plurielles, chacune des Loges qui la composent étant obligatoirement mixte. Il en va de même (sauf que l’appellation ne nécessiterait aucun changement) pour le Droit Humain dont toutes les Loges doivent obligatoirement être mixtes.
Si l’on considère que le refus de la pluralité obédientielle constitue une entorse au caractère « libéral » d’une Obédience, on doit admettre que les Grandes Loges Féminines se situent elles aussi dans la même problématique. On pourrait aussi considérer que les obédiences mixtes, refusant par nature la pluralité, se trouvent dans un profil analogue.
Au moins, diront les Maçons libéraux, ces questionnements peuvent être introduits et discutés dans le contexte de nos Obédiences libérales alors qu’ils seraient balayés d’un revers de main dans les Obédiences inféodées à la Grande Loge Unie d’Angleterre. Eh bien non. Il n’est pas question pour l’heure que des Obédiences libérales comme les Grandes Loges Féminines ou les Grandes Loges Mixtes proposent le concept de pluralité à leurs adhérents, en tout cas pas davantage que les Grandes Loges « régulières » dont toutes les Loges sont « male only ».
J’ai commencé mon propos par une anecdote. Je le terminerai par une autre. Dans les années d’après-guerre et pendant de nombreuses décennies, des Loges lausannoises de la Grande Loge Suisse Alpina avaient institué une sorte de cercle intitulé « Les Dames de la Couture ». Il s’agissait d’une rencontre hebdomadaire d’épouses de Frères qui procédaient autour d’une tasse de thé à des travaux de couture : coussins, décors, rideaux des locaux. Et leurs époux trouvaient là de quoi répondre à ceux qui se montraient quelque peu frileux au fait que l’ont pût évoquer une certaine misogynie dans les milieux maçonniques.
JH





































































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